Culture

Michel Tremblay: une vie à écrire

Une rue autour du monde, chronique de la vie de Michel Tremblay, ce sont cinq épisodes réalisés par Jacques Bouchard, assisté de sa complice Micheline Richard. Un tandem qui nous a notamment offert des séries sur René Lévesque, le Canadien de Montréal et Félix Leclerc. Véritable cadeau pour les inconditionnels, cette Rue… est une mine d’or d’informations et de témoignages souvent touchants, qui nous replongent dans l’œuvre immense de Tremblay. «C’est une chronique de la vie et de l’écriture, qui essaye de s’approcher de la vérité, expliquait hier Jacques Bouchard à l’occasion d’une rencontre de presse à la maison de Radio-Canada. «C’est un portrait bouleversant, mais surtout pas complaisant.» 

Le principal défi de ce projet aura été de condenser en cinq épisodes «tout ce magma d’heures» recueilli par le réalisateur et son associée. Reste que le résultat est à l’image du sujet : intéressant et émouvant. L’auditeur plonge d’emblée dans la vie de Tremblay et apprend des détails sur sa naissance survenue pendant la Seconde Guerre mondiale, sur sa vie dans un grand appartement, sur ce besoin viscéral d’écrire qui continue de le mener.

Au fil des entrevues accordées par des amis, des proches, des collaborateurs (Serge Denoncourt, Janine Sutto, René Richard Cyr…), et des confidences de Tremblay lui-même, on découvre à la fois Tremblay, l’homme «à l’humour extraordinaire, qui garde toutefois ses distances» ainsi que Tremblay l’auteur. Celui qui a écrit toutes ces pièces et ces romans, qui ont voyagé partout, partout autour du globe. Certaines révélations surprennent. On entend par exemple le principal intéressé confier, en 1998 : «Je me suis tellement toujours trouvé insignifiant que j’ai écrit 46 livres pour justifier [ma] présence dans le monde.»

Dans le premier épisode, intitulé L’enfant de la grosse femme, on s’intéresse beaucoup aux Belles-Sœurs, dont la première a eu lieu le 28 août 1968. Des extraits sont joués, et on écoute avec joie le cri de ralliement : «Moé, j’aime ça l’bingo!» Dans le second épisode, Moitié d’orange, on parle surtout de joual ainsi que de la rencontre marquante entre le metteur en scène André Brassard et Michel Tremblay, que Gilles Renaud compare à celle entre Lennon et McCartney.

Le dramaturge au cœur de la série disait hier qu’il avait été heureux de savoir «ce que mes amis pensaient de lui». Qualifié d’être pudique, qui n’a guère tendance à se confier, Tremblay a avoué que d’écouter l’émission lui avait fait un choc. «J’ai beaucoup pleuré», a-t-il dit.

Pour conclure, Jacques Bouchard a expliqué que le but d’Une Rue… était de «se rapprocher le plus possible de la vérité». Une confidence qui prend d’autant plus son sens à l’écoute du premier épisode de la série, dans lequel Tremblay confie non seulement «qu’il faut que l’art soit plus excitant que la vie», mais aussi que… «Tout écrivain est un menteur.» À écouter.

Une rue autour du monde, chronique de la vie de Michel Tremblay
À la Première Chaîne de la SRC
Du 20 au 24 février à 10 h

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