Culture

Critique de Se mettre dans l’eau chaude

Le concept est accrocheur. Espace libre se transforme en spa où les spectateurs revêtent peignoirs, maillots de bain et carrés rouges le temps d’un parcours théâtral thérapeutique engagé. On s’attend à être brassé tout autant que chouchouté.

Se mettre dans l’eau chaude est le premier spectacle de l’ATSA (l’Action terroriste socialement acceptable), troupe d’art engagé qui investit normalement l’espace public, dans un lieu théâtral. Ce parcours a le mérite de soulever plusieurs questions d’actualité pour notre société. Doit-on se sentir coupable de se faire plaisir alors que d’autres personnes souffrent? S’engage-t-on assez pour améliorer le sort de la planète? Et si on sacrifiait un peu de notre bonheur personnel, est-ce qu’on pourrait contribuer davantage au bonheur collectif?

Pour stimuler ces questionnements, notre expérience de spa est mise en contraste avec des sons et des images, disons… moins gaies. Comment peut-on faire du yoga en regardant des images d’enfants déchiquetés, de prisonniers humiliés et de manifestants enragés? Les rires nerveux fusent, et le malaise est palpable dans la salle de méditation. On est indisposé. Non, on ne serait pas capable de se détendre si ces réalités étaient toujours dans nos têtes.

Pourquoi irait-on Se mettre dans l’eau chaude au Spa Libre? Certainement pas pour les performances théâtrales. Comprenons-nous. Les comédiens jouent bien, mais les rôles qui leur sont confiés, stéréotypés, ne mettent pas en valeur leur talent. Et pour le public, qui semble déjà un peu conscientisé, les scènes ne présentent pas de faits nouveaux ou de propos vraiment innovants. On se contente de souligner à gros traits ce qui va mal dans le monde alors qu’on vit nos petites vies tranquilles.

Il y a bien quelques bons flashs, comme la vidéo qui pose un diagnostic assez juste sur la recrudescence du cynisme dans notre société. Mais au final, est-ce que cette «pièce» aura fait avancer notre réflexion sur le sort du monde et sur notre niveau d’engagement? À chacun de juger pour lui-même. Pour notre part, pas vraiment.

Se mettre dans l’eau chaude
À Espace libre
Jusqu’à samedi

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