Culture

Prix Polaris: le son canadien honoré

C’est lundi à Toronto que sera remis le prestigieux prix Polaris, qui récompense depuis 2006 le meilleur disque canadien, tous genres confondus.

Comme c’est généralement le cas en regardant la liste des 10 albums sélectionnés (de groupes tels METZ, Young Galaxy et Purity Ring), ce sont les absents qui sautent aux yeux. Où se trouvent Suuns, Daphni et The Besnard Lakes? Et pourquoi n’y a-t-il aucune formation francophone?

«On a eu une forte présence francophone sur la liste longue cette année, comme Pierre Lapointe, Les Sœurs Boulay, Alaclair Ensemble, Louis-Jean Cormier et Peter Peter, et je suis un peu déçu qu’aucun n’ait pu se retrouver sur la liste courte, explique au bout du fil Steve Jordan, le fondateur du prix Polaris. Ce qu’il faut comprendre, c’est que, pour qu’un disque francophone se retrouve sur la liste courte, il doit y avoir des gens du jury provenant de l’extérieur du Québec qui votent pour lui. Les membres font leur choix en fonction de la qualité de la musique, pas de sa langue, de son lieu d’origine ou de son nom.»

Il est toutefois difficile de rejoindre le jury représenté par des spécialistes de partout au Canada, qui sont majoritairement anglophones, même si Karkwa avait réussi l’exploit en obtenant la reconnaissance suprême en 2010 pour Les chemins de verre.

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Alors qu’à ses débuts, le prix Polaris revenait à des artistes indie comme Final Fantasy, Caribou et Fucked Up, ce sont les beaucoup plus connus Arcade Fire et Feist qui ont remporté les deux derniers. Encore cette année, la présence des offrandes pop de Metric et de Tegan and Sara font jaser, amenant certains à trouver que l’événement devient de plus en plus mainstream.

«Qu’est-ce qui est mainstream? se questionne Steve Jordan. C’est un autre nom pour dire populaire. Le Polaris n’a jamais été destiné à récompenser de la musique qui n’est pas populaire. C’est une récompense pour la musique, peu importe qu’elle soit écoutée par beaucoup de gens ou non. On ne fait que juger de la qualité de la musique. Et je mettrais quiconque au défi de dire que notre courte liste, qui comprend des artistes comme Godspeed You! Black Emperor et Colin Stetson, est mainstream.»

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