- Vendredi 13 décembre
Surkin + Canblaster + Girl Unit @ Le Belmont
J’en parlais avec des amis récemment. On déblatérait sur la vie, la musique, les films… on jasait de tout et de rien. De comment le monde avait changé depuis l’arrivée de l’internet. De comment l’internet et l’instantanéité ont changé la plupart des milieux créatifs. En musique par exemple, ça fait un bout que c’est la jeunesse et la fraicheur qui dominent. Depuis les années 90, en fait, avec l’arrivée des boys band, Britney Spears et compagnie. Par contre, en 2013, on dirait que le phénomène a pris encore plus d’ampleur. On trippe sur les jeunes et l’instinct. On en consomme un pendant quelques semaines, puis on saute à l’autre. Des putes de la consommation «artistique» et l’internet y est pour beaucoup. Comme dans l’univers de la télé-réalité, un jeune de 19-20 ans se retrouve du jour au lendemain à faire tourner toutes les têtes, à faire des concerts partout sur la planète et à vivre son rêve. La grosse vie sale et c’est tant mieux! Par contre, perdurer lorsqu’il ne sera plus la saveur du mois s’avérera beaucoup plus complexe.
En 2013, c’est la pureté de l’instinct qui semble vraie et honnête.
Tout ça m’a fait penser au producteur de musique électronique Surkin. En 2006-07 alors qu’il avait 19-20 ans, mais en paraissait 16, Surkin était la coqueluche parisienne. Il venait d’être signé sur l’étiquette Institubes et la vague électro-house française allait l’amener partout sur la planète. Coachella, Tomorrowland, Fuji Rock, Stereosonic et la plupart des grands festivals de la planète l’ont inscrit à leur programmation. C’était son moment. L’heure de gloire. Puis des nouveaux sont arrivés et on a beaucoup moins entendu parler de Surkin. Pas qu’il soit devenu moins bon ou quoi que ce soit, mais l’internet aime le nouveau et le frais, et Surkin n’était plus le «new kid in town».
En réalisant qu’il venait faire un tour en ville, j’ai eu le goût de me replonger dans son univers. Surkin n’a rien perdu de son mordant. En 2011, après la mort d’Institubes, Para One, Bobmo et lui-même ont fondé leur propre label intitulé Marble. C’est sur cette étiquette qu’est paru son premier album, USA. Récemment, il a aussi produit deux chansons pour l’album Matangi de M.I.A.
La jeunesse et l’instinct c’est bien, mais, à 27 ans, Surkin est encore présent et en meilleure posture qu’il y a sept ans. Rester positif et croire en l’avenir, c’est le secret.
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