À moins de vivre sous une roche, difficile de ne pas savoir que ce vendredi, les amoureux fêtent le corpulent Valentin à grands coups de cartes bon marché et de restos bondés et bruyants.
Bref, c’est la Saint-Valentin.
Si, comme moi, vous célébrez l’amour en solitaire, vous apprécierez autant que moi le retour de Martin Picard à Télé-Québec pour son annuel Chef à la Cabane, tradition naissante sous la neige de février.
Amour, décadence, sirop d’érable, alcool et beaucoup de bacon. L’association de mots est plaisante, pour ne pas dire orgasmique (bon, j’exagère un brin).
Picard, au fil des ans, nous a habitué à ses excès et la télévision qu’il nous offre ne s’éloigne pas trop de sa cuisine, honnête et généreuse. D’ailleurs, entre deux corvées campagnardes, le chef Picard offre la scène aux chefs qu’il emploie et les recettes défilent devant nous à un rythme infernal.
Le retour à la terre de Picard et son équipe est apaisant. Pas aussi romancé que Les Filles de Caleb de l’époque, le célèbre chef revisite quand même notre terroir et l’actualise au gré de ses envies. C’est possiblement l’attrait principal de l’émission: revivre notre passé par le travail de nos papilles d’aujourd’hui.
Qui plus est, quand l’imaginaire dérape, ce n’est pas très difficile d’imaginer Martin Picard en Cupidon, assaillant les tourtereaux avec des flèches moulées à même le foie gras et, surtout, sautées au beurre. Parce qu’avec du beurre, tout est meilleur.
Ça se passe les vendredis soirs à 20h00, parfait pour éviter d’affronter la neige à l’extérieur qui sera barouettée sans retenue par nos cols bleus municipaux. La Saint-Valentin blanche des uns, l’excessive télé culinaire des autres.
À chaque torchon sa guenille, comme on dit dans certaines régions.
