Sylvie-Catherine De Vailly vit au Québec depuis plus de 40 ans et y a fait des études en dessin de mode puis en anthropologie. Surtout connue pour ses séries jeunesse et ses romans, elle écrit depuis 15 ans. La sélection naturelle est son 32e roman.
En une phrase, de quoi traite votre dernier livre?
La sélection naturelle est la dernière enquête de Jeanne Laberge qui l’entraîne à la poursuite d’un tueur en série aux méthodes très discrètes.
Que lisez-vous en ce moment?
Quand la vie ne suffit pas de Louis Émond, chez Soulières Éditeur.
Qui sont vos trois auteurs préférés?
Difficile de n’en nommer que trois, mais je vais y aller avec des noms d’auteurs de chez nous: Marie-Christine Bernard, qui écrit magnifiquement. Hervé Gagnon, pour ses histoires et la richesse de sa culture. Et puis, pourquoi pas (non, non, ce n’est pas du favoritisme, je le dis en toute sincérité!), Corinne De Vailly, pour ses histoire, ce grand respect du lecteur et la qualité de son écriture.
Qu’est-ce qui vous a amenée à l’écriture?
Disons le destin, de mèche avec ma sœur! Corinne était déjà auteure, et c’est elle qui, un jour, m’a lancé le défi d’écrire. Je suis rentrée chez moi avec cette idée en tête. Je n’avais jamais écrit quoi que ce soit, et encore moins pris des cours en lien avec ça. Mais l’aventure me tentait, je me suis donc assise à mon ordinateur et, sans savoir ce qui m’attendait, je me suis lancée. À mon grand étonnement, je terminais un mois plus tard mon premier roman que je déposais alors chez un éditeur.
Chaque écrivain a des routines d’écriture qui lui sont propres, quelles sont les vôtres?
J’écris le soir, bien souvent la nuit. Je n’ai pas vraiment de routine, la seule chose c’est que j’apprécie le silence en travaillant. Mais je peux aussi bien écrire dans un lieu public que dans mon bureau. L’inspiration ne dépend pas d’un lieu ni d’un état, elle se provoque.
En tant qu’auteure, quelle est votre plus grande peur?
Que les lecteurs n’aiment pas un de mes livres. Que l’histoire que j’ai écrite pendant des semaines, que j’ai portée et travaillée ne soit pas appréciée. C’est la mort de l’auteur.
Quelle est votre expression ou citation favorite?
Je ne me rappelle plus les paroles exactes car je l’ai fait mienne, avec mes mots, mais ça se résume à: «Vaut mieux échouer qu’abandonner». Cette façon de voir marque réellement ma vision de la vie et je la sers volontiers aux jeunes que je rencontre lorsque je vais dans les écoles.
Quel livre auriez-vous aimez écrire?
Un seul? Je triche et je vous en donne trois: Bien que mal perçu par les écrivains (moi j’ai adoré), le livre de Dan Brown, Da Vinci Code. J’aurais aimé l’écrire pour son histoire à la limite du plausible. Pour son raffinement au niveau de l’écriture, L’élégance du hérisson de Muriel Barbery. Et je rajoute, car c’est mon livre préféré: Le comte de Monte Cristo.
Quel est votre pire défaut en tant qu’auteur?
Je procrastine. Mais je ne suis pas la seule!
De quoi êtes-vous le plus fière en tant qu’auteur?
Plusieurs choses: Quand un lecteur me dit qu’il a adoré mon histoire, et qu’avant de la découvrir, il n’aimait pas lire. Là, j’ai vraiment l’impression, le sentiment, de faire quelque chose de spéciale. De ces défis que je m’impose et que je relève à chaque fois. Je n’aime pas répéter les mêmes histoires, je me mets donc à en danger volontairement. Je suis fière également du prix que j’ai reçu en 2011, le Prix Jeune Public des Grands Prix de la Culture Desjardins.
Que préférez-vous dans l’écriture? Qu’aimez-vous le moins?
Écrire et ne pas lâcher mon idée, la poursuivre jusqu’à ce qu’elle soit traduite en mots et qu’elle compose une histoire que le lecteur appréciera. Ce que j’aime le moins, relire et corriger l’histoire quand elle est terminée. Nous vivons une telle symbiose avec nos personnages qu’il vient un temps où il faut se séparer.
