Culture

Metronomy: Présent pastel

Ce dimanche, Joseph Mount et ses compagnons de Metronomy s’arrêtent à Montréal pour présenter leur récent album, Love Letters. Et comme chaque fois que la bande britannique sort du nouveau matériel, ce disque surprend. Cuivres romantiques, fini vintage, chœurs féminins… «Je n’ai jamais eu le désir d’être prévisible, mais je ne me métamorphose pas pour être irritant!» jure Mount, l’autoproclamé «architecte» du groupe. Se disant apaisé depuis la venue au monde de son premier enfant, le sympathique musicien nous parle de son dernier bébé musical.

Comme les précédents albums de Metronomy, Love Letters suscite l’étonnement. Changer de sonorités à chaque disque, est-ce synonyme de liberté pour vous, ou sentez-vous la pression de surprendre chaque fois?
C’est étrange. Quand j’ai commencé à faire de la musique, je ne pensais pas que c’est la direction que je prendrais. Mais c’est ce qui me procure du plaisir quand j’écoute d’autres artistes: lorsqu’ils me surprennent. Je suis chanceux que les gens ne se soient pas tannés de mes lubies!

Vous ouvrez Love Letters avec The Upsetter, une pièce sur laquelle vous chantez être revenu de la (English) Riviera, qui est non seulement la région dont vous venez, mais aussi le nom de votre dernier album qui a remporté un succès fou. Une façon de faire une coupure avec le passé?
J’adore lorsque les artistes font référence à d’autres œuvres dans leurs chansons. J’essaye de penser à un exemple… j’imagine que le plus évident, c’est Glass Onion, tirée du White Album des Beatles, sur laquelle ils parlent de «walrus» (et de «strawberry fields»). Le truc, c’est que je ne veux pas renier mon passé. Tous mes albums sont importants pour moi, donc je crois que c’est sympa d’y faire des clins d’œil.

Vous dédiez une de vos nouvelles pièces, The Most Immaculate Haircut, à la coupe de cheveux [du chanteur néo-zélandais] Connan Mockasin, qui soit dit en passant a également la plus immaculée des moustaches.
Oh oui! C’est vrai! Il s’est transformé en un personnage d’une incroyable lubricité.

Sur cette pièce qui parle d’affaires capillaires, vous avez placé un bruit d’eau qui coule.Serait-ce le son de quelqu’un en train de se shampouiner?
Ha, non! C’est le son de mes vacances! On est allés en Toscane avec ma blonde et notre bébé, et j’ai apporté une petite enregistreuse. Je voulais avoir de «vrais» sons un peu déstabilisants sur certaines chansons pour que l’auditeur se sente soudain comme s’il allait faire un tour dehors.

Vous placez plusieurs chœurs féminins de style Motown sur ce disque, comme sur Month of Sundays, chose qui ajoute une jolie touche…
Il y a ce drôle de cliché qui dit que le quatrième album est traditionnellement celui où on commence à devenir fou. Au quatrième album, il faut avoir des chœurs, une section de cuivres. Je l’ai donc fait parce que je trouvais ça drôle, et puis, lorsque d’autres gens chantent les choses que tu écris, ça fait le même effet que si tu utilisais des instruments différents.

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Vous avez donc senti que vous perdiez un peu la raison?
Non, c’était de la folie contrôlée!

Vous avez affirmé au Guardian que vous aviez «seulement encore deux disques en vous». À quel point regrettez-vous d’avoir dit ça?
Je pense que c’est réaliste! (Rires) Je crois qu’en matière de créativité, on atteint tous un seuil à un moment ou à un autre. Il y a des gens qui continuent à créer après l’avoir dépassé, et le résultat n’est jamais excitant. Moi, je crois qu’il me reste définitivement un bon album. Après, je ne sais pas.

Vous avez dit que Love Letters a été influencé par la naissance de votre premier enfant. De quelle façon?
Pas d’une façon sentimentale! Je ne le connaissais pas encore à ce moment-là! (Rires) On a terminé la tournée [pour The English Riviera] en septembre 2012 et le bébé arrivait en mars 2013, donc l’influence qu’il a eue, c’est que j’ai fini le nouvel album à temps! Le cliché dit que les enfants changent tout et c’est vrai… mais pas tant que ça. Ce qui a changé pour moi, c’est que je suis plus relaxe. La musique n’est plus ma seule préoccupation.

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=riEBi8BJ9Tw]
Metronomy
Au Métropolis
Dimanche à 20h

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