Après une période faite de scissions, la chanteuse et pianiste de feu La
Patère Rose nous revient en Apprentie guerrière. Rencontre.
«Un disque de ruptures», avec un s, au pluriel, qui a «fait le plus grand bien». C’est en ces mots que Fanny Bloom parle d’Apprentie guerrière, son premier effort solo qui paraîtra demain sous étiquette Grosse Boîte, réalisé par Étienne Dupuis-Cloutier et plein de synthés eighties «super assumés». «En sortant de La Patère Rose, j’avais les pieds dans le vide, se souvient la chanteuse. Je sentais que je perdais mon identité. La création et la musique, c’étaient les seules choses relativement stables dans ma vie. Je m’y suis beaucoup accrochée.»
Se séparer de ses complices Roboto (Thomas Hébert) et Kilojules (Julien Harbec), deux membres de Misteur Valaire avec qui elle avait formé le défunt groupe La Patère Rose, aura visiblement beaucoup marqué la jeune femme. Sans toutefois entrer dans les détails, lors de notre rencontre, elle nous parle beaucoup de moments difficiles, de la façon dont elle s’est relevée et de la confiance qu’elle a retrouvée avec ce premier disque solo. «Ç’a été un très long processus, fait de longues heures et de longues journées, mais, en même temps, je n’ai pas vu le temps passer pantoute, raconte-t-elle. Je me suis ouverte sur plein d’autres musiques et je me suis fait un bon ami : Étienne. Je suis bien contente. Je me sens à ma place dans ces éléments-là.»
On lui fait remarquer que cette Apprentie guerrière est un opus vraiment hyper personnel. Elle répond que ça fait «plusieurs fois qu’on le lui dit». Elle ajoute aussi que si elle était un peu nerveuse de présenter son album, peut-être justement parce qu’il est «si personnel», elle n’a plus peur maintenant. Qu’elle est passée à une autre étape. «Que les gens aiment ou pas, moi, je trouve qu’on a fait une crisse de belle job!»
Une job qu’elle dit avoir faite «à l’envers» de la façon dont elle la faisait avec La Patère: «Avant, le texte et la musique s’emboîtaient rapidement, mais cette fois-ci, j’ai vécu avec la musique un certain temps. Je l’ai laissée mûrir avant de commencer à écrire.»
Pour accompagner ces chansons porteuses de toutes sortes d’émotions, qu’elle définit d’ailleurs comme étant «claires-obscures», Fanny a préparé un «show qui leur ressemble». Histoire de faire les choses bien, et en grand, la mise en scène de ce spectacle est signée par la toujours ingénieuse Brigitte Poupart. «C’est vraiment rodé! s’exclame Miss Bloom. Sans être une comédie musicale, c’est aussi bon pour les oreilles que pour les yeux.»
L’apprentie guerrière serait-elle devenue guerrière tout court? «Oui! J’ai gradué. J’ai mes cent points et mes couleurs. J’ai vécu une période de deuils, mais c’est correct. C’est fini, là…»
Fanny Bloom
Apprentie guerrière
Spectacle-lancement le 6 mars
Au La Tulipe à 20 h