Culture

Métamorphose, temps et évolution au MAC

Dana Schutz Piano in the Rain 2012.

Pour sa rentrée automnale, le Musée d’art contemporain de Montréal (MAC) propose trois expositions «en apparence disparates», mais liées en un tout cohérent, assure le directeur général du MAC, John Zeppetelli. Une première exposition d’envergure pour la peintre américaine Dana Schultz, une proposition mêlant dessins, sons et vidéos du Québécois Patrick Bernatchez et une installation vidéo de la Française Camille Henront sont au menu. Coup d’œil sur ce programme triple.

Dana Schultz: Rétrospective
L’exposition consacrée à Dana Schultz se veut un «bilan critique qui explore tous les thèmes auxquels s’est intéressée l’artiste ces 15 dernières années, ce qui permet de percevoir la pensée originale de cette artiste qui crée des scénarios improbables avec ses tableaux», explique John Zeppetelli, commissaire de l’exposition. Ces scénarios improbables, explique l’artiste, viennent du fait qu’à ses débuts, elle n’était «pas intéressée à peindre à partir de photos»: «Je préférais des situations hypothétiques qu’il fallait imaginer de toutes pièces, dont ces personnages, qui mangent leur propre visage pour se digérer, ou se reconstruire.»

Patrick Bernatchez: Les temps inachevés
Co-produite avec le Casino Luxembourg, cette exposition regroupe des œuvres de deux cycles de l’artiste québécois : Chrysalides, dont le sujet principal est la mutation, et Lost in Time, «un voyage très visuel, mais aussi sonore – puisque Patrick travaille beaucoup avec la musique classique – à travers le temps, explique la commissaire Lesley Johnstone. Le son est omniprésent et nous emmène d’une salle à l’autre.» Les œuvres qui composent l’exposition prennent la forme de films, de dessins, d’installations, de trames sonores… «C’est le projet qui détermine le matériau», dit l’artiste, qui ajoute : «J’aime traiter du temps de façon libre, très naturelle, de manière plus poétique que scientifique.» Un exemple? Pour illustrer l’effet du temps sur la matière, Bernatchez a travaillé au piano sur les Variations Goldberg, en altérant l’instrument entre chacune des variations. «Ça suggère un effet de déliquescence», conclut-il.

Camille Henrot: Grosse Fatigue
Créée en résidence à la Smith­sonian Institution de Washington, cette installation vidéo de
13 minutes a pour but («inatteignable, l’artiste le savait», précise Louise Simard, responsable des créations multimédias au MAC) de regrouper toutes les histoires de la création de l’univers, du christianisme à la Kabbale, en passant par des éléments de l’histoire scientifique. Sur un poème écrit avec Jacob Bromberg et récité en spoken word par Akwetey Orraca-Tetteh, l’artiste aligne des images en apparence aléatoires, à la manière de fenêtres qui s’ouvrent sur un écran d’ordinateur. «Ça donne une œuvre unique qui montre bien l’intérêt fort de l’artiste pour les mythes», fait valoir Mme Simard.

Infos
Dana Schutz, Patrick Bernatchez et Camille Henrot
Au Musée d’art contemporain
Jusqu’au 10 janvier

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