Musiciens, acteurs et fêtards répondent toujours à l’appel des Jeudis On the Rocks.
Quiconque ayant atteint l’âge de la maturité depuis belle lurette reconnaît qu’il n’y a rien de plus éphémère que des soirées en boîte, qui se renouvellent au gré des tendances, de la cote de popularité des DJ et de la faune nocturne qui remplit l’endroit. Nul besoin de noter que le troisième anniversaire d’une soirée hebdomadaire qui tient non seulement le coup, mais carbure toujours, ça se doit d’être célébré.
Les Jeudis On the Rocks du Salon Officiel, qui ont franchi ce cap en mai dernier avec Marc-André Grondin ainsi que les musiciens Graham Van Pelt (Miracle Fortress) et Sammy Goldberg (Broken Social Scene) derrière les platines, ont su combler un créneau bien particulier tout en demeurant pertinent. Une recette-miracle? Plutôt une désignation de «valeur sûre» au sein d’un inlassable tsunami d’événements culturels, selon les organisateurs.
Depuis 2009, dans un décor inspiré des boudoirs parisiens, le bar de quartier de la rue Roy est pris d’assaut chaque jeudi par le milieu culturel ainsi que les invités du DJ résident Pat Dynamite (Les Breastfeeders) et du MC Mikey B. Rishwain, qui bosse à titre de directeur de la programmation de M pour Mont-réal, faisant rayonner le talent musical montréalais, québécois et canadien à l’étranger.
«J’ai fait appel à tout le monde que je connaissais, affirme Rishwain. On a eu Jimmy Hunt comme premier DJ à la soirée et on n’a jamais arrêté depuis. Même moi, j’y pense et je suis un peu étourdi, parce que ça fait beaucoup de soirées, de brosses et de durs réveils, mais je n’en reviens pas du succès qu’on a après toutes ces années.»
Rishwain, qui a grandi en Californie, où il a bossé dans la musique et l’événementiel avant de faire le grand saut à Montréal, croit qu’il n’y a rien d’exagéré dans tout ce battage médiatique qu’obtient Montréal en raison de son statut de plaque-tournante de la musique indépendante. «Il était temps! Depuis 2003, je voyais tellement de musiciens aux États-Unis copier le format de groupes montréalais, comme Godspeed You! Black Emperor, Arcade Fire et Wolf Parade. Ils ont vraiment défini ce qu’était la musique indie. Maintenant, je crois que les groupes d’ici n’ont plus autant de misère à s’exporter qu’autrefois.»
Jeudis on the Rocks
Au Salon Officiel (351, rue Roy Est)
Entrée libre, tous les jeudis
