Le collectif Les Courageuses étaient à Tout le monde en parle (TLMEP), dimanche soir, pour parler de la condamnation de Gilbert Rozon à verser 880 000$ à huit d’entre elles au terme d’un procès ayant duré 10 mois.
Elles étaient neuf femmes à poursuivre Rozon au civil pour des inconduites sexuelles. La juge Chantal Tremblay a conclu que son comportement était celui d’un «prédateur sexuel» et a reconnu l’ensemble des faits dénoncés. C’est donc un chapitre qui se clos pour Les Courageuses Lyne Charlebois, Annick Charette, Patricia Tulasne, Anne-Marie Charette, Sophie Moreau, Danie Frenette, Guylaine Courcelles et Martine Roy, après près de 10 ans. Leur avocat Bruce W. Johnston les accompagnait sur le plateau de TLMEP.
«Puisqu’on est à Pâques, je prononcerai le mot « résurrection », a lancé la comédienne Patricia Tulasne pour résumer l’état d’esprit des Courageuses. J’ai été tellement soulagée (…) Avec les expériences qu’on avait eues par le passé, on ne pouvait être sûres de rien…»
Crédibilité rétablie
Huit des neuf membres des Courageuses – vêtues d’un chandail marqué du nom de leur groupe – ont eu droit de parole pendant l’entretien. Il ne manquait que la neuvième demanderesse, Mary Sicari, dont l’action a été rejetée à l’issue du procès.
Ses camarades ont vivement réitéré croire en la version des événements de Mary Sicari et insisté sur le fait qu’elle est et restera une Courageuse.
L’animateur Guy A. Lepage a abordé plusieurs éléments de ce cas judiciaire très médiatisé avec ses convives.
Concernant la position de victime adoptée par Rozon pendant le procès, la réalisatrice Lyne Charlebois s’est indignée: «Je n’ai jamais entendu autant de mensonges!»
Guylaine Courcelles et ses sœurs d’armes n’ont pas caché être déçues des montants de réparation décrétés, bien en deçà de ce qui était demandé à l’origine (14 millions de dollars).
«Moi, je reçois 100 000$. J’étais surprise (…) J’espérais plus (…) Ce 100 000$ ne paie pas la valeur des frais judiciaires encourus», a indiqué Madame Courcelles.
Deux des Courageuses, Martine Roy et Sophie Moreau, ont autrefois été les belles-sœurs de Rozon. Martine Roy a exprimé combien sa relation avec sa sœur, Danielle Roy, ex-épouse de l’ancien magnat de l’humour, et ses neveux a été entachée par ce drame.
«Elle était complètement dans le déni, a affirmé Martine Roy en parlant de sa sœur. Tout le long du procès, on n’a jamais eu de nouvelles d’elle (…)»
Si elles n’ont pas la certitude de recevoir un jour les sommes dues – Rozon pourrait encore porter en appel les décisions de la Cour supérieure du Québec –, Les Courageuses crient néanmoins triomphe avec sérénité.
«Moi, l’important, c’était qu’il soit déclaré « prédateur sexuel » et menteur, et que notre crédibilité à nous soit rétablie, a souligné Patricia Tulasne. Pour moi, c’est une victoire.»
Lyne Charlebois a soulevé la notion de pardon, à laquelle elle accorde une grande importance.
«Le pardon, c’est être libéré. Je pense que c’est un être [Gilbert Rozon, NDLR] très, très malade. Pour moi, si je ne lui pardonne pas, c’est à moi que je fais du mal. Je n’irai pas prendre un café avec lui, mais je vais en prendre un avec moi-même. C’est ce que j’ai décidé de faire! Je pense qu’il est incurable.»
Les derniers mots de Pierre Légaré
Rédactrice en chef de Tout le monde en parle, Manuelle Légaré (aussi scénariste, recherchiste et productrice) est passée de l’autre côté de la caméra, dimanche. Elle était là pour parler de sa pièce de théâtre documentaire Club sandwich mayonnaise (à l’Usine C du 8 au 18 avril), qui aborde le délicat sujet de l’aide médicale à mourir.
Pourquoi ce titre? Ce sont là les dernières paroles que le père de Manuelle Légaré, le regretté humoriste Pierre Légaré, a prononcées avant de décéder – avec l’aide médicale à mourir – en octobre 2021.
«Selon la procédure, le médecin, à la fin, vient s’assurer que c’est ce que la personne veut. Et mon père, au lieu de dire « l’aide médicale à mourir », il a fini ça avec une blague et a dit: « Ouais, ouais, je vais prendre un club sandwich mayonnaise »… Tout le monde est parti à rire.»
«(…) Je pense que c’est comme un beau clin d’œil (…) C’est ma façon de faire une blague avec cet événement tragique», a ajouté Manuelle Légaré, très articulée tout au long de son entrevue.
Retour des Grandes Crues?
Marie-Lyne Joncas et Ève Côté, anciennement membres du duo Les Grandes Crues, étaient aussi sur le plateau pour promouvoir leur comédie Les Crues (sur Crave le 9 avril).
Désormais occupées séparément – Ève Côté achève sa tournée solo Côté Eve et anime Épique à Télé-Québec, et Marie-Lyne Joncas joue surtout comme comédienne, notamment dans Dumas –, les grandes copines pourraient-elles remonter sur scène ensemble sous le nom des Grandes Crues?
Leur premier two woman show, Su’l gros vin, avait roulé pendant quatre ans (2018-2022) et 328 représentations. Or, l’idée ne semble pas dans leurs plans.
«En ce moment (…) Zéro. J’avais tellement besoin d’une pause de scène! Moi, je suis une fille qui écoute ses émissions, le soir. À partir de 5 heures, ça ne me tente plus de travailler (…) À huit heures et quart, je suis déjà dans mon lit (…) Voyons voir ce que la vie nous réserve, dans le futur. Je pense qu’Ève est en solo à fond», a dépeint Marie-Lyne Joncas.
