Rencontres

«Terror in the Ailien Realms»: des films qu’on aimerait voir

Le réalisateur et artiste Pat Tremblay lance aujourd’hui un magnifique objet à ajouter sur les étagères de sa bibliothèque – ou à laisser sur sa table à café: le livre Terror in the Ailien Realms: Transdimensional Horror Movie Posters & Their Film Reviews.  

Après avoir conçu à l’aide d’une intelligence artificielle (IA) une série d’affiches de films d’horreur qui n’ont jamais existé, il a demandé à 50 cinéastes et journalistes spécialisé.e.s dans le genre de rédiger de fausses critiques desdits films. En résulte un livre étrange, mais captivant qui, à travers une centaine de pages, permet de voyager dans une multitude d’univers, parfois drôles, d’autres fois terrifiants.

Le Geekois craque les codes de la culture geek québécoise pour vous: bandes dessinées, littérature de l’imaginaire, cinéma de genre, jeux vidéo, jeux de société. C’est par ici

C’est un sentiment de nostalgie qui a inspiré au départ ce concept, Pat Tremblay s’ennuyant de l’époque révolue où il déambulait dans les clubs vidéo à la recherche de la plus belle pochette pour choisir le film qu’il allait louer. 

« J’ai toujours adoré les affiches depuis le temps des VHS dans les années 1980 », raconte l’artiste. 

Des films issus d’une autre dimension 

Au début de ce projet, près de 10 000 images sont conçues grâce à l’IA. Du nombre, Pat Tremblay retient 100 affiches et laisse ses collaborateurs choisir celle qu’ils préfèrent. Ces derniers ont d’ailleurs la liberté d’imaginer l’histoire qu’ils souhaitent et même de traduire eux-mêmes le titre du film critiqué, puisque les langues générées par l’IA n’existent tout simplement pas. 

« Ce sont de fausses langues. L’intelligence artificielle est capable d’écrire des lettres, mais elle n’est pas capable de représenter ça [de manière concrète], explique Pat Tremblay. Étant donné que ça donnait des textes bizarroïdes, je me suis demandé si je les effaçais et faisais une nouvelle typo pour faire le poster. »

Finalement, Pat Tremblay décide de jouer avec ce bogue, se disant que ces films viennent tout simplement d’une autre dimension et d’une autre mythologie, celles numériques de l’IA. 

Si des gens travaillant pour des magazines tels que Rue Morgue, Fangoria et même Variety collaborent à son projet, l’acteur Jay Baruchel ou les réalisateur.trice.s Vincenzo Natali, Éric Falardeau, Mike Mendez, George Mihalka et Elza Kephart ont aussi embarqué dans l’aventure. 

Selon Pat Tremblay, le concept de son livre permet de stimuler la créativité et de proposer des « trucs beaucoup plus différents » de ce qu’on voit dans l’industrie du cinéma horrifique actuellement. 

« Cela permet à ses auteurs de délirer à leur manière sans conséquence et, s’il y a un buzz autour du livre, qui sait, peut-être que ces faux films pourraient en inspirer des vrais ou permettraient de faire des remakes de ces films créés par l’intelligence artificielle. » 

Une question de rentabilité 

Au-delà du côté expérimental de l’exercice, Pat Tremblay dit avoir choisi l’IA comme outil de création pour des raisons de rentabilité, puisque selon lui, l’embauche d’un artiste représenterait minimalement 1000 $ d’honoraires par affiche. 

Terror in the Ailien Realms est d’ailleurs publié à compte d’auteur dans une édition à tirage limité: seulement 500 copies sont disponibles à la vente sur le site de Pat Tremblay.  

Récemment, l’artiste a dû faire face à plusieurs critiques après avoir conçu à l’aide d’une IA – Midjourney pour ne pas la nommer – une couverture pour la revue 24 images

En plus de faire de l’art visuel, Pat Tremblay a réalisé trois longs métrages, dont la comédie post-apocalyptique Hellacious Acres: The Case of John Glass.
Photo: Jason Paré, Métro

« Je m’y attendais, soutient Pat Tremblay. C’est normal. C’est une nouvelle technologie. Il y a encore des gens qui ne sont pas habitués, qui pensent que c’est magique ce qui sort de là, qu’on peut tout voler, etc. » 

Si Pat Tremblay n’a pas souhaité répondre directement à chacun de ses détracteur.trice.s, un communiqué de plusieurs pages a été envoyé au moment de la controverse, dans lequel il explique entre autres comment l’art créé avec l’IA n’est pas différent de l’art pop, de l’art néo-pop et de l’art du collage, voire présente plusieurs similitudes avec ces formes.

« De toute façon, ça va continuer, l’intelligence artificielle, quoi qu’il arrive, et j’encourage ces gens à l’utiliser », conclut-il à ce sujet. 

Le lancement de Terror in the Ailien Realms: Transdimensional Horror Movie Posters & Their Film Reviews a lieu ce vendredi 28 juillet, à 17h au Mckibbin’s Irish Pub de la rue Bishop. Seize collaborateur.trice.s assisteront à l’événement-lancement et certain.e.s liront leurs critiques en direct. 

Une infolettre l’fun? Abonnez-vous à celle du Week-end pour voir!

Articles récents du même sujet

Exit mobile version