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Janelle Monáe: «Quand j’ai envie d’être toute nue, je me mets toute nue»

Richard Peckett - Metro World News

La chanteuse souhaite que les femmes prennent le contrôle de leur image. Janelle Monáe dit se libérer grâce à ses looks et aux paroles de ses chansons.

«Embrasse les choses qui font que tu te sens unique, même si cela met les autres mal à l’aise», déclare l’auteure-compositrice-interprète américaine Janelle Monáe, qui pousse l’application de cette maxime assez loin. Artiste originaire du Kansas, tout comme son alter ego – le robot Cindi Mayweather, qui a la capacité de voyager dans le temps –, elle n’est pas du genre à adopter les vieux stéréotypes: c’est une féministe, une womaniste et, semble-t-il, une androïde.

La jeune femme de 28 ans, qui était en tournée en Europe cet été, aborde d’ailleurs ces grands thèmes dans ses albums The ArchAndroid et The Electric Lady, qui traitent des contraintes sociales et raciales. Et, bien sûr, son art ne peut être réduit à des conventions stylistiques ou musicales: sa coiffure Pompadour à la Little Richard et ses smokings noir et blanc sont aussi novateurs que sa soul de science-fiction mêlée de R&B, qui combine de façon homogène une multitude de genres musicaux.

Vous avez participé, avec d’autres artistes, à la campagne publicitaire Pepsi Beats of the Beautiful Game, tout juste avant le Mondial qui a eu lieu au Brésil. Dans le cadre de celle-ci, vous aviez, comme les joueurs de soccer, votre propre chandail (noir et blanc). Quand comptez-vous adopter un autre look?
Quand je regarderai la Lune et que j’en déciderai ainsi. J’exerce le droit et la liberté, dont jouit tout citoyen, de porter ce que je veux.

Est-il vrai que vous avez testé la première version de certaines pièces de votre album The Electric Lady dans une boîte de striptease pour voir comment les filles dansaient sur votre musique?
Ouais, absolument.

Y êtes-vous retournée depuis?
J’y suis retournée. J’adore regarder les gens danser, et cet album est consacré aux femmes. Je tiens à comprendre toutes les sortes de femme: l’effeuilleuse, l’étudiante, l’artiste, la femme du ghetto, la reine. J’ai été dans des boîtes de striptease pour y faire des recherches et connaître l’histoire de ces filles.

Vous avez déjà dit vouloir redéfinir l’idée de ce qui est séduisant. Sur ce point, quel est votre idéal?

«Je n’ai pas de conception arrêtée de ce qui est sexy. Je ne fais rien de particulier pour être sexy. Si vous l’êtes [sexy], vous n’avez pas besoin d’essayer de l’être.»

Pour ma part, j’estime que je suis une personne libre qui profite de l’occasion qui lui est offerte de contrôler son image: quand j’ai envie d’être toute nue, je me mets toute nue, et quand j’ai envie de porter un smoking, c’est très bien aussi.

Pensez-vous que les chanteuses subissent des pressions pour adopter la stratégie qui veut que «le sexe fasse vendre»?
Eh bien, lorsque vous entrez dans ce milieu, vous découvrez vite que, comme vous êtes une femme, on s’attend à ce que vous vous habilliez d’une certaine façon. Je tiens à ce que les gens sachent qu’on peut résister à cette obligation. Il suffit d’obtenir un certain succès et d’être une cover-girl [Monáe est aussi le visage de la marque de produits de beauté CoverGirl] pour pouvoir créer sa propre image – les gens adorent ce genre d’initiative. Vous n’avez pas à emprunter le même chemin que tout le monde pour arriver
à destination.

Est-ce l’une des raisons pour lesquelles vous êtes contre l’intimidation?
J’ai été victime d’intimidation, mais je me suis défendue. Je me suis souvent battue plus jeune, mais je ne pense pas que ce soit la meilleure façon de réagir, parce qu’on peut avoir un accident, se faire mal, ou alors quelqu’un peut vous tirer dessus ou vous poignarder. Quand j’étais enfant, j’étais vraiment très prompte à répondre. Maintenant, je me défends grâce à mon art.

Et pour ce qui est de l’aide émotionnelle, consultez-vous toujours un thérapeute?
Ouais, absolument. J’adore mon thérapeute.

Quel genre d’aide vous offre-t-il?
Cela a été d’un grand secours de pouvoir être écoutée parce que, parfois, quand j’ai une idée qui me semble bonne et que je l’entends formulée par quelqu’un d’autre, je me dis : «Mais je dis n’importe quoi, moi!» Et quand j’écrivais les chansons de l’album The Electric Lady, j’ai pu sortir des tas de trucs que je voulais dire à mon sujet ou au sujet de quelqu’un d’autre, et j’ai été capable de les exprimer en parlant à mon thérapeute – c’est comme avoir un enregistreur humain.

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