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Sous les pavés, l'histoire

Marjorie Wirzbicki - Métro

L’histoire de l’exposition Quartiers disparus, proposée par le Centre d’histoire de Montréal (CHM), débute avec 6 000 photos, dénichées aux archives de la Ville. Ces clichés techniques, pris par les fonctionnaires dans les années 1950 et 1960, constituent de précieux documents qui témoignent des derniers moments de quartiers voués à disparaître : Faubourg à m’lasse, Goose Village (Village-aux-oies) et Red Light.

«Il y avait un réel problème d’insalubrité dans ces taudis, raconte Jean-François Leclerc, directeur du CHM. Pour régler la question, on a décidé de raser les quartiers.» L’exposition Quartiers disparus s’attache à expliquer le pourquoi du comment de ces démolitions, mais va aussi beaucoup plus loin. «Notre défi a été de reconstruire la vie des quartiers. Nous sommes allés chercher la mémoire des gens en retrouvant d’anciens habitants.»

Un an et demi de re­cherche documentaire et 100 heures d’entretien plus tard, l’équipe du CHM a ex­humé un morceau d’histoire urbaine. Dans quelles conditions vivait-on dans les quartiers populaires montréalais des années 1950? Quelle solidarité entre les habitants? Comment ont été perçues les démolitions, décidées sans consulter la population?

Ces témoignages, agrémentés d’entrevues avec des experts de l’époque et d’aujourd’hui, d’archives de Radio-Canada, et, évidemment, des clichés pris par les fonctionnaires de la Ville, permettent de comprendre un moment de l’histoire urbaine, pendant lequel on a modernisé la ville à marche forcée.

Pour terminer, l’exposition pose la question de «l’urbanité». «Si on veut comprendre la ville au­jour-d’hui, il faut remonter dans le temps, affirme M. Leclerc. Dans la dernière section de l’exposition, on se demande ce qu’est une ville et qu’est- ce qu’un citoyen dans cette ville.»

Alors que des habitants se mobilisent actuellement contre les expropriations nécessaires à la réalisation du projet Turcot, l’expo­sition Quartiers disparus paraît être un indispensable outil citoyen.

Le Goose Village (ou Victoriatown), un secteur du quartier ouvrier situé au pied du pont Victoria, est démoli en 1963, en partie pour permettre la construction de l’autoroute Bonaventure. Celle-ci doit relier le pont Champlain au centre-ville de Montréal en vue de l’Expo 67.

De 1963 à 1964, environ 5 000 personnes sont expropriées du Faubourg à m’lasse : la Ville de Montréal vient de conclure une entente avec la société Radio-Canada pour la construction de la maison de la radio et de la télévision publique. La construction débute en 1969.  
 

Dans ce quartier, les problèmes de salubrité et de prostitu­tion incitent la ville à dé­molir les taudis pour reconstruire un com­plexe de logements sociaux : les Habitations Jeanne-Mance. Environ 4 000 personnes sont expropriées pour que la démolition puisse commencer, en 1957. 

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