Mercier-Hochelaga-Maisonneuve

La vie reprend petit à petit au Collège de Maisonneuve

Majdi Hunter-Batal, étudiant au Collège de Maisonneuve.

Étudiant au Collège de Maisonneuve, Majdi Hunter-Batal se réjouit du retour partiel en classe.

Si le retour partiel dans les cégeps et les universités est reçu de façon mitigée par certains, d’autres s’en réjouissent. Métro s’est entretenu avec un étudiant et un professeur du Collège de Maisonneuve pour connaître leurs impressions sur ce retour graduel.

Jean-François Marçal enseigne la philosophie au Collège de Maisonneuve depuis une quinzaine d’années. Depuis le 9 février, il a recommencé à donner deux cours en personne, les mardis et les vendredis après-midi.

Deux autres cours devraient s’ajouter bientôt, mais les défis techniques sont grands. L’un des cours a d’ailleurs été annulé à la dernière minute à la suite de problèmes techniques.

«On manque de locaux adaptés. Il y a eu des problèmes techniques avec les classes hybrides, car on doit séparer les groupes pour respecter la distanciation de deux mètres en chaque étudiant.»

Ainsi, tandis qu’une partie du groupe est présente en classe, l’autre partie est demeurée à la maison et suit le cours en ligne. Ce qui nécessite toutefois de l’équipement de captation audiovisuelle permettant les échanges, malgré la distance.

Pour M. Marçal, l’adaptation n’est pas trop difficile, puisqu’il a commencé à expérimenter la classe hybride l’automne dernier.

«C’est plus difficile au début, mais ça demande simplement une nouvelle habitude, parce qu’on a tendance à parler directement aux personnes qui sont devant nous. Il faut toujours se rappeler qu’il y a une caméra dans les airs qui nous filme et des étudiants à l’autre bout.»

Peu à peu, le professeur a pris ses repères et a commencé à alterner ses interventions entre les personnes présentes et la caméra. Les étudiants qui écoutent par Zoom peuvent intervenir s’ils ont des questions.

«C’est mieux que simplement un Zoom, ça s’est certain.»

M. Marçal est donc content du retour en classe et il affirme que c’est également le cas des étudiants, heureux de briser l’isolement. Il ajoute en revanche qu’il n’y a pas beaucoup de professeurs qui font des cours hybrides pour l’instant.

Certains pour des raisons de santé, mais également en raison du manque de locaux adaptés.

«On se sentait en vie»

Majdi Hunter-Batal est étudiant en sciences, lettres et arts au Collège de Maisonneuve. Il suit le cours de philosophie donné par Jean-François Marçal.

Suivre ses cours à distance a eu un impact négatif sur sa motivation. Le sentiment d’épuisement et la surcharge compliquent ses études, dit-il. Et il ressentait un grand besoin de socialisation.

À son premier cours en présentiel le 9 février, le professeur avait organisé une table ronde avec les étudiants.

«J’ai vraiment adoré. On débattait sur la COVID-19, un sujet un peu redondant, mais les passions étaient vraiment élevées et il y a eu plusieurs altercations. Ça chauffait, mais ça faisait tellement longtemps que je n’avais pas vécu autant de passion dans un milieu scolaire.»

Une ambiance totalement différente des discussions par Zoom, selon lui, où l’engagement et la dynamique ne sont pas les mêmes.

«On était en désaccord sur certains points, mais on se sentait en vie!»

L’enseignement hybride n’est pas encore fluide, mais malgré cela, Majdi trouve que cela en vaut la peine.

Invité par Métro à réagir sur le retour en classe, le député de Québec solidaire, Alexandre Leduc, considère que le retour partiel dans les cégeps est une bonne décision «pour briser l’isolement de nos étudiants et étudiantes et pour leur permettre de socialiser. La pandémie a eu des impacts catastrophiques sur leur santé mentale, des assouplissements étaient nécessaires pour éviter qu’une épidémie de détresse psychologique ne vienne s’ajouter à la situation, déjà difficile.»

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