Le gouvernement Fréchette a annoncé mardi un investissement supplémentaire de 122,9 millions de dollars destiné à la Société de mise en valeur de terrains dans l’Est de Montréal (SMTEM), qui servira à acquérir le vaste terrain de la pétrolière L’Impériale (Esso) à Montréal-Est. Cet investissement porte à plus de 320 millions de dollars la contribution totale de Québec depuis 2019 pour la réhabilitation de terrains industriels dans ce secteur.
L’annonce, faite conjointement par la première ministre Christine Fréchette et la ministre responsable de la Métropole, Chantal Rouleau, vise à accélérer la décontamination et la mise en valeur de terrains stratégiques afin d’attirer des investissements privés et de créer des emplois dans l’Est de Montréal.
La pièce maîtresse de cette injection de fonds est l’acquisition de l’ancien terrain d’Esso à Montréal-Est, un site ayant accueilli des raffineries et un dépôt pétrolier pendant plusieurs décennies avant de tomber en désuétude. Depuis le démantèlement des installations, la pétrolière L’Impériale, propriétaire de la bannière Esso, assurait la gestion réglementaire du site, incluant des travaux préparatoires de réhabilitation et une surveillance continue.
La mairesse de Montréal-Est, Anne St-Laurent, a salué l’annonce.
«Après plus de trente-cinq ans de vacance et de contamination, ce geste concret permettra de requalifier un site stratégique et de le rendre prêt à accueillir des projets porteurs, créateurs de richesse et d’emplois de qualité, générant des retombées qui rayonneront à l’échelle du Québec», a-t-elle dit.
La Chambre de commerce enthousiaste, mais pressante
Situé à proximité du Port de Montréal, des réseaux ferroviaires et des principaux axes routiers, le terrain est considéré par la Chambre de commerce de l’Est de Montréal (CCEM) comme l’un des sites industriels les plus stratégiques au Canada. Sa superficie correspond à l’équivalent de 124 terrains de football.
La CCEM a d’ailleurs accueilli l’annonce avec enthousiasme, rappelant qu’elle avait elle-même joué un rôle central dans la promotion du modèle ayant mené à la création de la SMTEM.
«Aujourd’hui, nous franchissons un seuil historique», a déclaré Jean-Denis Charest, président-directeur général de la CCEM. «Depuis plusieurs années, la Chambre porte une vision claire: reprendre en main les grands terrains stratégiques de notre territoire afin de créer les conditions gagnantes pour attirer les investissements qui façonneront l’économie de demain. […] Cette annonce ouvre la voie à la prochaine phase de la revitalisation de notre territoire!»
La CCEM a néanmoins identifié trois priorités: accélérer la décontamination du terrain, confirmer un projet de transport collectif structurant pour desservir la zone industrielle de la Pointe-de-l’Île, et mettre en œuvre une stratégie concertée d’attraction des investissements.
La Chambre a aussi rappelé que le territoire de l’Est compte plusieurs autres grands sites stratégiques — dont 40 Net Zéro et les terrains du Groupe C. Laganière — dont le développement reste à planifier.
Le PQ dénonce des années d’attente
L’annonce n’a pas manqué de susciter des critiques de l’opposition. Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois et député de Camille-Laurin dans l’Est de Montréal, a rappelé que la CAQ avait promis 2,6 milliards de dollars pour revitaliser l’Est dès 2018. Pour lui, l’annonce de mardi arrive trop tard et trop timidement.
«Ce qui est déplorable huit ans plus tard, et qui ne peut qu’alimenter le cynisme, c’est que la CAQ ait autant attendu avant d’agir», a-t-il déclaré, qualifiant les résultats du gouvernement dans ce dossier de «plus que décevants».
Le chef péquiste, actuellement donné favori dans les sondages, a réitéré que la décontamination des terrains de l’Est constituerait l’une de ses priorités advenant une victoire du Parti québécois aux élections d’octobre.
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