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Outremont

Parlant d’étudiants

Je regardais, dimanche soir, notre ministre des Études supérieures et gnagnan parler à Tout le monde en parle. Vous n’avez pas été soufflé par la mauvaise qualité de son français? Des fautes se glissaient à toutes les phrases dans le discours du ministre et moi, ça m’a slaqué le maxillaire inférieur. La gueule m’en est tombée, pour fait simple. Je n’en revenais pas.

Pierre Duchesne a été journaliste et reporter à Radio-Canada pendant 22 ans; il était plus qu’étonnant de l’entendre mal accorder ses verbes et se tromper dans ses accords de genre.

D ‘abord, dès la première ligne: « Je pense qui follait régler ce problème là… » Fallait, monsieur le ministre, fallait.

Oui, OK, on peut lui donner le bénéfice du doute : sa langue a peut-être fourché, peut-être était-il un peu nerveux, intimidé.

Sauf que plus loin, à la seconde question, en fait, le ministre refait la même faute en parlant de l’absence de l’ASSÉ au sommet : « Il y avait tellement de travail à faire qu’y follait…

Un peu plus loin : « il va avoir un estime de soi… » À ma connaissance, et selon le Larousse, « estime » est un nom féminin, non?

Je m’arrête là. On ne tape pas sur quelqu’un qui est déjà par terre. Mais de deux choses l’une : ou bien le niveau est tombé bien bas sous la barrière du plus bas dénominateur commun en matière linguistique, ou bien le ministre parle mal sciemment et la démagogie atteint des niveaux encore jamais atteints en politique québécoise, ni par les Libéraux, ni par l’ADQ ou la CAQ, ni même par Richard Martineau.

À quand le cours de français oral obligatoire pour les élus?

Si le langage est l’outil de la pensée et qu’un ministre, de surcroît ancien journaliste à Radio-Canada, parle si mal, la grisaille s’épaissit pour en devenir noirâtre, et l’espoir de vivre dans une société moderne et éduquée s’amenuise d’autant.

Le soleil

L’an passé à pareille date, je revenais d’un séjour en Haïti. Les gueules de « beus » des Montréalais m’avaient rendu furieux. Je revenais d’un pays qui bouffe de la poussière depuis des siècles. Poussières de mauvaises routes, poussières d’abandon, poussières de trahison, poussières de dictatures et, depuis peu, poussières de gravats et de béton écroulé.

Un peuple pourtant souriant, jovial, sympathique et ensoleillé. Un peuple qui, malgré la noirceur, arrive encore à se tenir droit, allumé et souriant. Un peu au regard brillant. J’aimerais tant pouvoir en dire de même des miens.

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