Celui que la tendance, les prévisions, les sondages, les commentaires annonçaient comme bon troisième aura créé toute une surprise en récoltant 22% des points. Et Pierre Moreau termine avec presque 3% d’avance sur celui qu’on présentait comme le second du vote et un potentiel chef du PLQ en cas de second tour avec les votes cumulés de Pierre Moreau.
Non seulement, il n’y aura pas eu de second tour puisque Philippe couillard l’emporte d’un coup avec 8% de plus que le 50% plus 1 que réclame tout vote démocratique sous l’appellation »majorité absolue ».
Mais en plus, la campagne de Raymond Bachand que tous les observateurs décrivaient comme bonne, autant en termes de contenu que de relations humaines, n’a pas porté les fruits escomptés et la récolte s’est avérée amère avec seulement 19,5%.
À l’annonce, Raymond Bachand semblait défait, au sens psychologique de ce mot. Tout ce travail depuis des mois, depuis six mois en fait puisque Raymond Bachand s’était lancé le premier dans cette tourmente.
Une défaite crève-cœur
« Une défaite crève-cœur », analysent les commentateurs politiques. « Raymond est démoli », a même commenté Christine St-Pierre en parlant de son champion. Le député d’Outremont pensait créer un engouement autour de son programme qui visait le rassemblement et la reconstruction du Parti Libéral du Québec.
« Déception évidemment, on ne peut pas se sentir autrement qu’être déçu, mais c’est la volonté des membres. Une fois que c’est fait, il faut qu’on rassemble… », a commenté Raymond Bachand en descendant de l’estrade après la consécration de Philippe Couillard
Derrière lui des députés engagés et reconnus pour leur compétences et des ministres de longue date et des maroquins importants sur le plan sociétal : Christine St-Pierre, à la culture et la condition féminine; Lise Thériault au Travail; Marguerite Blais aux aînés;
Son image affable, son intégrité, son sérieux professionnel, son engagement politique, son parcours ministériel, voire son courage d’assumer l’héritage libéral après la défaite du 4 septembre, n’auront pas suffi à valider sa pertinence à la tête du parti, voire du gouvernement.
Bref, malgré « son expérience de ministre et de gestionnaire » qui en aurait fait le chef idéal « d’un parti dont le développement économique est le mantra », les électeurs délégués auront préféré la flamboyance et le glamour de Philippe Couillard, qui avait pourtant abandonné la politique en 2008.
Peut-être cet entracte a été un élément décideur pour des militants qui, tout en applaudissant Jean Charest hier, voulaient une rupture avec ce passé aujourd’hui.
Un appel immédiat au rassemblement
Dès sa prise de parole à l’issue de l’élection Raymond Bachand a appeler les militants de tous bords à se rassembler derrière le nouveau chef du PLQ
« Merci à Lise Thériault, Jean Masson, ma famille, à tous les députés qui m’ont soutenus, et ceux qui ont su garder cette unité qu’on va refaire. Nous devons resserrer les rangs derrière le nouveau leader pour remettre le Québec sur les rails, retrouver cette unité dans toutes les régions pour que le Parti Libéral du Québec, derrière Philippe Couillard, forme le prochain gouvernement majoritaire du Québec. »