Selon l’AMT, l’objectif d’une réalisation du Train de l’Est est donc maintenu pour l’automne 2013. Si bien sûr, comme le soutient l’AMT, la sécurité du tunnel Mont-Royal le permet. De fait, l’AMT convoquait les médias mercredi afin de rassurer la population et particulièrement les 30 000 passagers qui empruntent chaque jour la ligne de trains de banlieue Deux-Montagnes.
Plus tôt cette semaine, les médias dévoilaient l’existence d’un rapport produit par la firme d’experts Hatch Mott MacDonald, déposé en 2007 à l’AMT. Selon ce rapport, le tunnel Mont-Royal construit en 1916 ne répondrait pas aux exigences de la norme NFPA-130 et ne respecterait donc pas les normes actuelles de sécurité en matière d’incendie. D’une longueur de 4,8 kilomètres, le tunnel qui lie Deux-Montagnes à la gare Centrale de Montréal est dépourvu de sorties de secours et de système d’évacuation des gaz d’échappement.
« Ce tunnel a 95 ans. Nous en sommes conscients et il est en bonne condition. Il est taillé dans le roc », a renchéri le dirigeant de l’AMT. « La norme NFPA-130 s’applique sur les nouveaux tunnels. Ce n’est pas un standard devant être appliqué sur les tunnels existants », a expliqué Daniel Randall, vice-président sécurité de l’AMT.
Selon les deux responsables de l’AMT, le rapport de 2007 se voulait une étude préliminaire, la même firme d’experts Hatch Mott MacDonald ayant déposé d’un rapport d’analyse en 2011, présenté par Nicolas Théberge, vice-président et associé de la firme d’experts lors de cette même conférence de presse.
Le rapport étudie la distance entre celles des normes existantes et le tunnel tel qu’il est actuellement. Les recommandations de ce rapport permettront à l’AMT d’effectuer des travaux permettant la mise à niveau du tunnel Mont-Royal en termes de sécurité.
Parmi les propositions, notons l’implantation d’un système mécanisé de ventilation, d’une infrastructure d’évacuation, et d’un système de distribution d’eau. L’échéancier de réalisation de ces travaux est fixé pour 2015.
Toutefois, comme c’est via ce tunnel que doit circuler le futur Train de l’Est, le risque lié au passage des locomotives bimodes dotés de réservoirs remplis de diesel soulève invariablement des questions, auxquelles Joël Gauthier s’est employé à répondre.
«Les locomotives, à notre avis, sont sécuritaires et vont pouvoir circuler à l’intérieur du tunnel», a-t-il dit, expliquant le processus ayant mené à leur sélection. « Dès 2006 nous avons été en contact avec différents partenaires et avec le New Jersey Transit pour acquérir des locomotives qui pourraient, à la fois, avoir accès au tunnel Mont-Royal (NDLR : via l’énergie électrique) et circuler sur des tronçons non électrifiés comme le réseau de l’AMT et le réseau du New Jersey Transit (NDLR : via le diesel).»
«Dans la définition de l’appel d’offres pour l’acquisition des locomotives bimodes qui s’est faite dans les années 2006, 2007 et 2008, un consultant américain de la firme STP inc. a été embauché pour faire le design des futures locomotives, et surtout, pour évaluer les impacts au chapitre de la sécurité si les locomotives avaient à circuler dans des tunnels comme celui de New York ou de la ville de Montréal avec des réservoirs contenant du diesel, qui est la matière la moins combustible utilisable.».