En 2012, parmi ces jeunes, quatre étaient âgés de seulement 13 ans. Leur moyenne d’âge était de 15,8 ans en 2013. Leur histoire et leur visage varient, mais ce qui ne change pas c’est que les conséquences de leur consommation peuvent être énormes. « La consommation d’un jeune de cet âge est semblable à quelqu’un de plus vieux, indique Annie Marcotte, coordonnatrice par intérim du centre Le Grand Chemin de Montréal. Un jeune de 13 ou 14 ans qui arrive ici, parfois a commencé à consommer à partir de 10 ou 11 ans. Au niveau des substances, c’est très semblable, tout âge confondu.
L’approche de l’intervention, quoiqu’elle puisse être adaptée aux plus jeunes, demeure semblable. Tous sont au centre pour un séjour de huit à dix semaines, privés de cellulaire, de sorties et de Facebook. Après les avoir accueillis, les intervenants les amèneront à se poser des questions sur leur problématique.
« Nous avons déjà eu un jeune de 12 ans à qui on a raccourci le programme. À cet âge, si le contexte familial est favorable et qu’il ne ressent pas l’envie de consommer, on peut en venir à finir plus rapidement, en huit semaines au lieu de dix semaines. Seulement 40 % des jeunes complèteront le programme interne avec succès.
« Il ne faut cependant pas se fier à cette statistique, précise la coordonnatrice. Il se peut qu’un jeune quitte avant le temps, en ayant connu un revirement total. »
« Ces jeunes demandent par contre un peu plus d’accompagnement une fois à l’extérieur. Les ressources ne sont pas toujours présentes. Il faut qu’ils se trouvent des activités pour se responsabiliser. On tente de solliciter un peu plus l’implication de la famille. »
Des signes avant-coureurs
La consommation et la dépendance altèrent le comportement et la routine d’un jeune, qui changera parfois du tout au tout. Certains signes ne démentent pas.
« Autant à 12 ans qu’à 17 ans, le jeune va s’isoler, ne prendra pas les repas aux heures normales, cessera même de s’alimenter. Il peut se lever la nuit pour jouer et ne plus prendre soins de lui. Il pourra cesser de fréquenter l’école. »
Pour se procurer l’objet de son désir, un jeune ira jusqu’à commettre des crimes. Vols, échange de faveurs sexuelles contre de la drogue, etc.
« Comme pour les adultes, poursuit Mme Marcotte, certains devront tout perdre avant de se rendre compte qu’ils ont un problème. Pour d’autres, une suspension au travail sera suffisante. Parfois, pour un adolescent, il faudra une suspension à l’école pour qu’il réalise qu’il y a quelque chose qui ne fonctionne pas. D’autres en viennent à lâcher l’école, à décrocher. Le processus est semblable, mais à un niveau différent. »
« On ne peut peindre un portrait-type des jeunes qui se trouvent ici, argue Mme Marcotte. Ils proviennent tous de milieux différents, de parents responsables ou qui ont jeté l’éponge. On retrouve des parents qui ont des problèmes de consommation… Il existe une panoplie de facteurs qui expliquent qu’un jeune commence à consommer. »
Thérapie accessible à tous
Le centre offre la thérapie, ainsi que toutes les activités connexes, à tous les jeunes. Aucun frais n’est à débourser pour les parents. « On s’assure ainsi qu’aucun jeune ne soit pénalisé, explique Mme Marcotte. Nous comprenons que ce ne sont pas tous les parents qui peuvent s’offrir des thérapies coûteuses. »
Le centre Le Grand Chemin, 7070, boulevard Perras, Montréal. 514 381-1218. www.legrandchemin.qc.ca.