« Pour la première fois de ma vie j’ai dû me mordre les lèvres pour ne pas pleurer devant les gens, raconte M. Perron. J’avais déjà reçu une médaille de mérite en raison de mon travail accompli en tant que huissier, mais ce n’est pas comparable avec toutes les émotions que j’ai vécu lors de la cérémonie des Cerberes. »
C’est en 1971 que M. Perron a commencé sa carrière en tant que footballeur dans la petite ville de Saint-Bruno.
« Quand j’allais voir des matchs et que je voyais les joueurs, je rêvais de devenir comme eux, dit-il. La première fois que j’ai mis les pieds dans un terrain de football je suis tombé en amour avec ce sport et avec cette communauté qui est devenue ma famille. »
Après 12 saisons de football amateur, M. Perron a commencé à jouer dans les rangs collégiaux au cégep André-Grasset où il est devenu coach.
Quelques années plus tard, il a joint les rangs de la ligue métropolitaine de football où il a porté les couleurs des formations de Blainville, Saint-Laurent, Pierrefonds et les Cerbères de Montréal-Est de 2006 à 2013.
« Je suis resté avec les Cerberes car c’est là qu’il y avait le plus de joueurs expérimentés et avec lesquels je m’entendais le mieux. Notre équipe me fait penser à la série « Les Boys », il y a une belle complicité et camaraderie que je ne changerais pas pour rien au monde. »
Ramené sept fois à la vie
Le 4 février dernier, lorsque M. Perron repartait vers son domicile après une journée de travail, il a ressenti un malaise au niveau de sa poitrine.
« Je pensais que c’était un problème gastrique, j’ai pris des pilules et je suis parti chez nous. Après quelques jours j’ai décidé de me rendre à l’hôpital car je n’avais pas beaucoup d’appétit et je me sentais tout le temps fatigué. C’est là que le médecin m’a appris que j’avais fait un infarctus et que depuis une semaine mon cœur fonctionnait à 22 % de sa capacité normale. »
Pendant son séjour à l’hôpital, des complications sont venus alourdir le cas de M. Perron. « Ils ont dû me réanimer sept fois à l’aide d’un défibrillateur. Après tout ça, mon médecin m’a dit qu’en raison de ma condition médicale, je ne pouvais plus jouer aucun sport contact. J’étais déçu, mais ça a fait juste devancer ma retraite d’un an, je pensais arrêter le jeu en 2015. »
À 52 ans, M. Perron était le joueur actif le plus vieux à Montréal et ses environs. « Je ne peux plus jouer, mais le football reste toujours dans ma vie, je vais faire du coaching pour inspirer le plus de jeunes que je peux », conclu-t-il.