Rivière-des-Praries – Pointe-aux-Trembles (RDP – PAT) compte 17 253 frênes sur son territoire dont 3566 se trouvent en bordure de rue, 2548 dans les parcs aménagés et 11 139 dans les espaces boisés publics.
À ce jour, on a répertorié deux arbres infestés sur le domaine public ainsi que deux sur des terrains. Aucun d’entre eux n’a été abattu, indique-t-on à l’arrondissement.
Un gouffre financier
Depuis trois ans, Montréal tente de limiter les dégâts, mais le budget consacré pour sauver les frênes commence à peser lourd. Les investissements pour l’année 2014 se chiffrent à 3 400 000 $.
De cette somme, 53 111 $ sont octroyés à RDP – PAT pour s’occuper de ses frênes de rue. Il faut dire que le traitement d’un arbre moyen au biopesticide TreeAzin est de 200 $; un traitement préventif, qui est à renouveler tous les deux ans.
Besoin d’une lutte commune
Le problème est que la Ville ne peut intervenir que sur le domaine public.
Les propriétaires possédant des frênes doivent faire leurs propres démarches et payer pour les traitements.
Pour l’abattage, on peut débourser des centaines voire plusieurs milliers de dollars. Or, certains n’ont pas les moyens.
« Il est certain que c’est un coût, explique Robert Lavallée, chercheur à Ressources naturelles Canada. Mais chacun devrait faire un effort de lutte, car sinon les terrains privés vont ressembler à des pouponnières à insecte. »
M. Lavallée estime également que la population n’est pas assez informée. L’Informateur a d’ailleurs sondé ses lecteurs sur sa page Facebook, à savoir s’ils estimaient être suffisamment sensibilisés quant à l’agrile du frêne.
« J’imagine que non, car je ne sais pas c’est quoi :/ », a répondu Judith Adame Aragon, une internaute.
La Ville-centre ne prévoit pas mettre en place de mesures coercitives.
« Les autorités municipales peuvent recommander l’abattage d’un arbre situé sur des propriétés privées pour limiter la propagation de l’insecte, mais présentement, aucun règlement n’oblige un Montréalais à abattre un arbre sur sa propriété, à moins que celui-ci ne constitue un danger pour la sécurité de la population ».
Toutefois, l’arrondissement RDP – PAT a lancé une campagne de recensement des frênes sur le domaine privé. Les citoyens peuvent remplir un formulaire interactif en ligne (ville.montreal.qc.ca/rdp-pat) ou communiquer avec le 311.
« Pour le moment, l’objectif du recensement sur le domaine privé est uniquement à titre informatif. Les résultats nous permettront d’avoir un portrait complet de la situation sur le territoire de RDP – PAT », précise Claudine Marchand, chargée de communication à l’arrondissement.
Déjà trop tard?
Pour certains experts, le sort des frênes est déjà réglé.
« Je pense qu’à Montréal, ils vont tous y passer. On ne sait pas combien de temps va durer cette vague de l’agrile. On sera peut-être capable d’implanter une maladie qui tuera l’agrile, mais il y a beaucoup de paramètres incontrôlables. C’est un malheur pour les Montréalais de voir mourir tous ces arbres. »
En milieu urbain, les frênes servent d’écran contre le vent, atténuent les fluctuations de température et réduisent la pollution.
Pour se renseigner davantage sur les procédures et les fournisseurs accrédités, on consulte bit.ly/1eEvq6P.
* En collaboration avec Daphnée Tranchemontagne
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