À cette époque, Simon venait de terminer l’école et se cherchait quelque chose à faire. C’est lui-même qui a demandé à ses parents, Carole et Daniel, de s’inscrire dans une école de lutte. En cherchant sur le net, Carole est tombée sur celle qu’opère Jacques Rougeau, à Le Gardeur.
Sur place, Simon a essayé, et a pris goût à cette discipline. Un entraîneur chevronné a affirmé à ses parents que Simon pourrait toujours apprendre la base de la lutte. Mais pour M. Rougeau, le garçon avait bien peu de chances d’un jour monter sur le ring.
Une première fois
Cela n’a pas empêché Simon de persévérer. Non sans mal toutefois. Au début, raconte son père, il avait de la difficulté à aller vers les autres et à leur parler. Il était centré sur lui-même. Quand on lui a donné le rôle de Khaos, qui est un personnage méchant, Simon avait du mal à l’assumer.
Au bout d’un certain temps, il a fini par s’y faire, et ses parents s’accordent pour dire qu’il joue bien le méchant. « Il arrive à faire mettre la foule en colère pour rendre son partenaire plus sympathique », dit Carole, fièrement.
Son partenaire, c’est Steve Corbeil, alias Thunder. Il est dysphasique, c’est-à-dire qu’il a des problèmes de motricité, de langage et de compréhension.
C’est ensemble qu’ils pratiquent. L’an dernier, M. Rougeau a eu besoin d’eux lors d’une mêlée générale, plus communément appelée « Royal Rumble ». Lors d’une tournée passant par Gatineau et Trois-Rivières, les deux jeunes hommes ont pris part à ce combat pendant pas plus de 30 secondes.
Les entraîneurs ont tellement été impressionnés qu’ils les ont mis au programme pour la tournée 2012-2013. Leurs trois premiers combats avaient lieu à la fin décembre. D’autres auront lieu ce printemps. Les deux adversaires font désormais partie de la troupe de lutte.
Affronter la maladie
Atteint de troubles envahissants de développement (TED), Simon, qui est aujourd’hui âgé de 25 ans, a pris beaucoup confiance. « La lutte lui a permis de remonter son estime de lui-même », juge sa mère.
Ses parents ne s’attendaient pas à ce que ce sport le fasse autant progresser. À tel point que son père se demande même si ces avancées pourraient faire en sorte que son fils devienne plus autonome un jour.
« Avant la lutte, il y a quatre ans, je t’aurais dit non, mentionne Daniel. Maintenant, je ne sais pas comment ça va se faire, mais je pense que oui. »
Tous sont conscients que si Simon régresse, il se pourrait qu’il ne fasse plus partie de la troupe. Mais le jeune lutteur a un seul objectif : continuer de pratiquer ce sport qu’il affectionne. « Je refuse de lâcher prise », tonne-t-il.
Pour l’instant, son patron semble très satisfait de lui. « Jacques Rougeau a dit qu’il a appris autant que les jeunes dans son école », rapporte Carole.