En plus des quatre grands marchés publics, une cinquantaine d’autres plus petits sont répartis sur l’île, il s’agit des marchés de quartiers. Leur politique est semblable à celle des grands marchés publics qui permettent aux producteurs de varier leur éventail de fruits et légumes en allant s’approvisionner chez des cultivateurs voisins ou chez des grossistes. Selon le directeur du projet des marchés de quartiers, Emmanuel Rondia, trois marchés font exception, il s’agit des marchés fermiers.
« Le Marché du bout de l’île [à Pointe-aux-Trembles], le Marché fermier du Mile End et de l’Autre marché Angus [dans Rosemont] ne font appel qu’à des fermiers producteurs », explique M. Rondia. Ajoutant qu’un autre minimarché ambulant, présent au centre-ville, distribue également des produits cultivés sur l’île.
Quelques nuances
Après une vérification auprès des commerçants du Marché du bout de l’île, une nuance doit cependant être apportée. S’il est vrai qu’à l’intérieur du chapiteau, tous les marchants sont les producteurs de leurs marchandises (à une exception près, un organisme d’insertion sociale, les distributions l’Escalier, vend des produits du terroir), à l’extérieur du chapiteau, le maraîcher qui s’y trouve ne vend pas que ses produits.
Rencontrée sur place lors de l’ouverture du marché, Josianne Cormier de la ferme Cormier de l’Assomption raconte qu’environ 50 % de sa marchandise est produite sur sa ferme alors qu’environ 20 % des produits proviennent de fermes voisines. La balance est achetée au Marché central.
« Ce que j’ai qui vient de chez moi : les choux, les tomates, les produits transformés, les zucchinis, les cantaloups, les aubergines, les choux chinois, les courges et les citrouilles. Sinon, on a des ententes avec quelques producteurs de notre région : les céleris, les bleuets, les framboises, les patates viennent donc de l’Assomption, mais pas nécessairement de chez nous. La balance, on va la chercher au Marché central, mais on s’assure toujours de faire affaire avec des producteurs du Québec », assure-t-elle.
Pour Martin Dumont, l’un des responsables du marché public du bout de l’île, ce n’est pas une priorité que les commerçants vendent exclusivement les produits de leurs récoltes. Malgré tout, les organisateurs privilégient les produits locaux. Pour ce faire, ils invitent uniquement des exposants situés dans un rayon de 50 km. « Notre priorité est d’offrir de bons produits, pas trop chers, et d’avoir du choix », explique-t-il.
Ce dernier confirme d’ailleurs que des grossistes ont été approchés, mais que ces derniers doivent n’offrir que des produits 100 % québécois. « Nos priorités sont vraiment les mêmes que celles des citoyens. […] Nous sommes vraiment contents qu’ils aient un mot à dire sur comment construire le marché public. On sent vraiment que s’il y a des améliorations à faire, ça ne sera pas juste nos idées, mais surtout les commentaires des citoyens », conclut-il.
Des marchés appréciés des producteurs
Même si les marchés fermiers ne sont pas exclusifs aux producteurs, ces derniers les affectionnent, notamment, pour leur petitesse. « On ne va pas sur les gros marchés parce que c’est industriel. Ce n’est pas de vrais artisans et nous, avec notre produit, on ne peut pas se permettre d’aller vers ces endroits-là et dans les super marchés non plus », raconte André Gibily, du Fumoir Gibily.
Par souci de contrôle de la qualité, certains exposants des marchés de quartier sont réticents à laisser le soin à d’autres de mettre leurs produits sur les tablettes, admet Diane Matte de la ferme Lady D’Ail.
Les marchés de quartiers sont également appréciés des producteurs pour leur faible fréquence et leur période tardive.
« Nous sommes très occupés avec nos productions. Nous ne serions pas intéressés à venir plus souvent. Nous n’aurions pas non plus le temps de venir si le marché était plus tôt en saison », explique Mme Cormier.
Même son de cloche du côté des artisans, comme en témoigne M. Gibily. « Je ne pourrais pas être aussi peu souvent [dans les grands marchés publics] qu’ici, il faudrait augmenter les prix ou partir en chaîne de production et ça ne serait plus la même chose. »