Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles

Fraude à l'hôtel de ville de Montréal?

La firme Macogep qui est responsable des projets majeurs à la Ville de Montréal et à la Société de transport de Montréal (STM) serait impliquée dans une fraude politique à l’hôtel de ville, selon ce qu’a révélé aujourd’hui le parti Vision Montréal, demandant par le fait même au contrôleur général de la Ville de faire enquête. La firme compte parmi ses dirigeants l’ex-directeur général de la Ville de Montréal, Claude Léger.

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« Nous avons récemment appris que des représentants de la firme de génie-conseil Macogep, travaillant au sein même des bureaux de la Ville de Montréal, ont eux-mêmes rédigé des sommaires décisionnels en utilisant comme prête-noms des employés de la Direction stratégique des transactions immobilières (DSTI) », explique la chef de l’Opposition officielle, Louise Harel.

De son côté, le président fondateur de Macogep, Louis Yves Lebeau, dénonce les attaques « fausses et mensongères » que porte à son endroit la chef de l’opposition officielle. « Je ne m’explique toujours pas comment une élue qui occupe un tel poste à Montréal et, qui plus est, a été ministre des Affaires municipales du gouvernement du Québec, peut à ce point déformer les faits », affirme-t-il.

Le porte-parole Macogep, Pierre Gince, a énoncé le processus que traverse un sommaire décisionnel rédigé par la firme comme suit : un chargé de projet de Macogep rédige un sommaire décisionnel qui est ensuite remis et approuvé par un chef de section, un chef de division, le directeur du service et finalement, le sommaire est vérifié au Greffe de la Ville avant qu’il y ait présentation aux élus, pour analyse et décision.

« Le plus choquant est que cet usage de prête-noms et la présence de Macogep dans les bureaux de la ville auraient été dûment autorisés par les hauts responsables de la DSTI », déplore la mairesse de l’arrondissement Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles, Chantal Rouleau.

« De toute évidence, les deux élues de Vision Montréal, mesdames Louise Harel et Chantal Rouleau, sont mal informées. Elles veulent jeter le bébé avec l’eau du bain en discutant de la stratégie de la Ville de Montréal en ce qui a trait à l’octroi de certains mandats à l’externe plutôt qu’à l’interne; mais il s’agit d’un tout autre débat », se défend M. Lebeau.

Contre les règles d’éthique

« Ce stratagème, qui va à l’encontre des règles d’éthique les plus élémentaires, a laissé croire aux élus que les dossiers à l’étude avaient été préparés par des professionnels de la Ville de Montréal alors que ce n’était pas le cas. Un employé qui a servi de prête-nom a transmis une plainte auprès du Syndicat des professionnelles et professionnels municipaux de Montréal, qui déposé un grief à ce sujet », raconte Mme Rouleau.

« L’autre question que cela soulève est : quels sont les liens entre Macogep et les entreprises qui ont obtenu des contrats », s’est inquiétée Mme Rouleau, sur les ondes de la Première Chaîne de Radio-Canada. Macogep dit n’avoir aucun lien ni financier ni contractuel avec quelque intervenant de la construction que ce soit (ingénieurs-conseils, entrepreneurs généraux et/ou spécialisés). Sa mission consisterait à protéger et sécuriser les intérêts de ses clients donneurs d’ouvrage dans la réalisation de leurs projets, et notamment les intérêts de la Ville de Montréal.

La mainmise de Macogep?

Selon Mme Rouleau, la valeur des contrats sur lesquels travaille la compagnie se chiffre à plus de 840 M$ depuis 2005. De son côté, Macogep parle plutôt de 15 M$ par année (soit environ 105 M$ en sept ans).

« Les mandats de Macogep touchent des contrats hautement stratégiques, précise Mme Harel. L’entreprise a reçu plusieurs contrats liés à la DSTI, qui est responsable de la gestion du parc immobilier de la Ville de Montréal, de la vente et de l’acquisition de terrains. Elle supervise la rénovation des arénas et des bâtiments occupés par le Service de la sécurité incendie. Elle est également impliquée dans la construction de nouveaux immeubles, la réalisation de travaux d’infrastructures routières et de plusieurs grands projets : autoroute Bonaventure, Planétarium, Quartier des spectacles, etc. »

« Les gestionnaires responsables doivent révéler dès maintenant l’ampleur du stratagème et de ses pratiques inquiétantes et répondre à la question suivante : combien de fois les élus ont-ils dû voter en se basant sur un sommaire décisionnel rédigé par les employés d’une firme privée? », ajoute Mme Harel.

De son côté, Mme Rouleau, qui avait notamment dénoncé le manque de latitude des administrations municipales lors de l’octroi de contrat de construction, dénonce cette fois « la mainmise de Macogep sur l’établissement des priorités, l’estimation des coûts, l’analyse des risques et la gestion des projets, qui témoignent d’une perte d’expertise inquiétante à la Ville de Montréal. En fait, il nous a été confirmé que la Ville était, dans certains dossiers, complètement dépendante de l’expertise de cette compagnie », indique-t-elle.

« Il est très insultant, pour une entreprise qui a bâti sa réputation depuis plus de 20 ans sur des principes de rigueur et d’intégrité, de se faire éclabousser injustement avec des mots tels que “stratagème”, “mainmise” et “usurpation” », objecte le président fondateur de Macogep.

Au cours de la journée de demain, le président du comité exécutif de la Ville de Montréal, Michael Applebaum réagira sur les propos des élues de Vision Montréal.

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