M. Rivard dit avoir d’ailleurs inscrit à son agenda plusieurs rendez-vous avec les organismes prairivois avant même de commencer sa campagne sur le terrain. Un travail qui demeure toutefois ardu, étant donné que QS ne possède pas autant de moyens dans LaFontaine que son plus important rival, le Parti libéral du Québec (PLQ), qui remporte le comté élection après élection.
Mais à ce chapitre, M. Rivard ne s’en fait pas trop. Conscient du danger que représente le PLQ pour sa jeune formation politique, le candidat mise sur la nouveauté de QS. « Les libéraux partent avec 70 % lors de la dernière élection », reconnaît-il, mais QS est jeune et n’est pas inféodé à la vieille politique.
« Notre arme à nous c’est le changement, ajoute-t-il. [Le député sortant Tony] Tomassi n’est pas parti les mains propres. » Rappelons que ce dernier est en attente de son procès pour fraude et abus de confiance.
Le candidat solidaire témoigne aussi de l’exaspération des électeurs quant à la loi spéciale adoptée pour « encadrer » les manifestations. Une exaspération qu’il constate chaque fois qu’il prend part au défilé des casseroles de RDP.
« Je ne comprends pas que des élus de l’Assemblée nationale puissent aller aussi loin, mentionne-t-il. On espère que les gens vont entendre raison. C’est un geste complètement déraisonnable. »
Des pistes de solution pour RDP
Celui qui a adhéré à QS en 2006 voit dans la circonscription de LaFontaine plein de défis que son parti est en mesure de relever. Selon lui, une des pistes de solutions pour régler les problèmes sociaux réside dans de meilleurs services aux citoyens.
« Rivière-des-Prairies est très mal desservie au niveau des services publics. Les services de santé sont inadéquats, tout comme le transport en commun », donne-t-il en guise d’exemples.
Ainsi, M. Rivard parle de réinvestir dans les centres locaux de services communautaires (CLSC) pour de meilleurs services de proximité. Il regrette aussi qu’il n’y ait pas d’hôpital général à Rivière-des-Prairies, alors que les citoyens du bout de l’île doivent traverser les ponts ou aller plus à l’ouest, à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, pour avoir accès à des soins hospitaliers.
S’il reconnaît que le pont de l’autoroute 25 a amélioré la circulation routière dans le quartier, RDP souffre encore de son excentricité, ce qui nuit au développement du transport en commun. « Il faut vraiment améliorer la desserte nord-sud [entre RDP et Pointe-aux-Trembles], souligne-t-il. Il n’y a pas assez d’autobus à RDP. »
Pour financer ces projets, pas question d’exiger davantage de la classe moyenne déjà largement imposée, prévient-il. Il faut plutôt « aller chercher l’argent […] dans la poche des entreprises financières, comme des minières, ou de ceux qui ont de très hauts revenus. »
Il estime battre en brèche tout ceux qui accuseraient QS de ne pas apporter de solutions concrètes aux problèmes de fiscalité du Québec.
« Si on allait chercher 0,5 % de taxes sur les transactions financières, ça ramènerait plus d’un milliard de dollars au Québec la première année. »
M. Rivard répète qu’il veut aller chercher l’argent où il se trouve, sans nuire aux entreprises plus modestes. Il ne veut pas renverser le capitalisme, seulement le rendre plus humain. « On n’est pas là pour les saigner, mais pour rééquilibrer. »