Cette rencontre faisait suite à divers échanges que la députée néodémocrate a pu avoir avec des spécialistes de la question haïtienne au cours des dernières semaines. Mme Ayala a par exemple interpellé à ce sujet Michaëlle Jean, l’ancienne gouverneure générale du Canada et envoyée spéciale de l’UNESCO (Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture) en Haïti, la semaine dernière.
Pour Toby Lamontagne, l’adjoint administratif de la députée, cette ultime consultation auprès des organismes en lien étroit avec des Haïtiens de Montréal a été tout aussi instructive. La Corporation de développement communautaire, Équipe RDP, le Carrefour jeunesse-emploi et la Maison de la famille haïtienne et interculturel étaient présents.
« C’était important d’entendre leurs réalités et leurs perceptions, mentionne-t-il. Malgré qu’on eut rencontré des experts, ç’a été l’une des rencontres les plus intéressantes et les plus stimulantes parce qu’on a pu toucher aux gens qui ont vécu cette crise-là. »
L’homme derrière la députée ne tarit pas d’éloges quant à la solidarité dont ont fait preuve les Prairivois dans la foulée du tremblement de terre de janvier 2010.
Les organismes, qui sont sensés épauler les parrains, manquent souvent d’information de la part du gouvernement. « Il y en a qui sont sous le choc face aux responsabilités » qui leur incombent depuis qu’ils parrainent des gens », dit-il.
« Des gens se sont mis dans la précarité », affirme-t-il en référence à ceux qui sont dans cette situation depuis longtemps. Certaines gens parrainés sont même retournés en Haïti après avoir tenté péniblement de s’adapter ici. « Ça m’a surpris, c’est choquant », s’offusque M. Lamontagne.
« Ç’a fait ressortir la pénurie de logements », fait-il remarquer, tout comme les problèmes liés à la reconnaissance des diplômes.
Selon lui, c’est maintenant aux différents paliers de gouvernement de prendre le relais aux organismes communautaires. « La communauté haïtienne a fait ce qu’elle avait à faire. C’est à nous maintenant d’entamer la phase deux [du plan d’aide aux Haïtiens]. »
Escapade à Haïti
Mme Ayala, qui est porte-parole pour les Amériques dans le cabinet fantôme du Nouveau Parti démocratique (NPD), fait partie d’un regroupement de parlementaires des Amériques dont le nom est ParlAméricas. C’est à l’initiative de cette organisation qu’elle et trois autres parlementaires canadiens (le sénateur conservateur Pierre-Hugues Boisvenu, le député conservateur Laurie Hawn et la sénatrice libérale Céline Hervieux-Payette) seront dans l’île des Antilles jusqu’au 23 mars.
Sur place ils rencontreront le président de la Chambre des représentants, le président du Sénat, des membres de l’Organisation des États Américains (OEA), du personnel de l’Agence canadienne de développement international (ACDI) et différents partenaires et personnalités de la société civile.
Au dire de M. Lamontagne, cette délégation aura une vision générale « des défis qui se dressent devant les Haïtiens et de s’assurer que l’aide est suffisante et bien coordonnée ».
On veut notamment voir si le plan de reconstruction international se réalise bien. On veut aussi déterminer par la bande si l’argent des contribuables canadiens est bien utilisé.
Mme Ayala devrait, après son arrivée, mettre la table pour un plan stratégique afin de concerter les efforts du politique et du communautaire, et ce, particulièrement dans l’intégration des nouveaux arrivants haïtiens.