Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles

Ligne 9 d'Enbridge : les environnementalistes aussi veulent informer

Bousquet-Richard Simon - TC Media
Des environnementalistes, dont Steven Guilbeault d’Équiterre, tiendront une séance d’information contre l’arrivée des sables bitumineux albertains dans l’est de Montréal. L’assemblée aura lieu le 6 février, à 19 h, au Centre Roussin (12125, rue Notre Dame).

Cette rencontre a été organisée par le groupe écologiste Équiterre et des groupes de citoyens en réponse « au manque de transparence d’Enbridge » sur le projet de renversement de la ligne oléoduc 9 entre Sarnia et Montréal. Ce projet permettra de transporter les sables bitumineux albertains jusqu’aux raffineries québécoises.

Les opposants laissent entendre que les séances d’informations tenues à Mirabel et à Montréal-Est, en octobre dernier, avaient été organisées en catimini. Rappelons qu’Enbridge n’avait pas publicisé l’événement, dans l’Est du moins. En tout, une cinquantaine de citoyens seulement avaient participé aux séances, dont plus d’une trentaine dans le secteur couvert par l’Avenir de l’Est, qui avait appris la tenue de la rencontre et en avait fait mention dans ses pages.

En plus de Pointe-aux-Trembles, Équiterre a organisé des consultations à Mascouche et à Saint-Césaire. Parallèlement, un exercice semblable a été fait à Sutton et Portland pour informer la population sur un autre projet qui vise l’inversion du flux d’un autre oléoduc, reliant Portland à Montréal.

Dépendance, danger et pollution

Équiterre s’oppose au projet principalement pour trois raisons. D’abord, M. Guilbeault fait valoir que « l’avenir énergétique du Québec et du Canada ne passe pas par une plus grande dépendance au pétrole, mais au contraire par une réduction de cette dépendance ». Il soutient que ce projet est incompatible avec les objectifs du Québec.

L’environnementaliste s’inquiète également des dangers que représenterait le renversement du flux, soulignant qu’un déversement pourrait être catastrophique pour les réserves d’eau potable québécoise. Selon l’organisme qu’il représente, les sables bitumineux seraient plus « visqueux, corrosifs et abrasifs » que le pétrole léger pour lequel l’oléoduc avait été conçu dans les années 1970. Dans un communiqué, Équiterre rappelle qu’Enbridge « est responsable du plus important déversement pétrolier en sol nord-américain, celui de Kalamazoo en 2010. Enbridge a d’ailleurs essuyé un blâme sévère de la part de la Commission fédérale des transports des États-Unis à la suite de ce déversement […] »

Enfin, Équiterre tentera de convaincre les Québécois de refuser le pétrole albertain en raison de sa haute empreinte environnementale. Un récent sondage tendait a montrer que 60 % des Québécois sont favorable à l’exploitation des sables bitumineux et que 71 % se disaient en faveur du projet.*

« Il est prouvé scientifiquement que la production de pétrole des sables bitumineux génère de trois à quatre fois plus de gaz à effet de serre (GES) par baril que le pétrole conventionnel », a déclaré le porte-parole de Greenpeace, Patrick Bonin.

Les groupes environnementaux opposés au projet et certaines municipalités du Québec ont demandé la tenue d’une audience publique du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE). Pendant ce temps, le projet est toujours en attente de la décision de l’Office national de l’énergie (ONÉ) pour la portion est du tracé. Déjà l’Office a accepté l’inversion pour la petite portion entre Sarnia et Westover, en Ontario. La demande a été déposée le 29 novembre dernier.

« L’ONÉ permet aux citoyens d’intervenir dans le processus pour questionner ou déposer des mémoires, c’est pourquoi Équiterre veut informer la population des gestes que chacun peut poser et ainsi faire entendre leurs préoccupations sur ce projet », a dit M. Guilbeault, ajoutant que les écologistes entendaient déposer un mémoire devant l’ONÉ.

*Source : Sondage CROP–FCCQ 2012 sur l’appui des Québécois au projet d’oléoduc de l’Alberta vers Montréal

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