Sud-Ouest

Le Sud-Ouest veut une limite au nombre d’appareils de loterie vidéo

On compte 135 appareils de loterie vidéo sur le territoire du Sud-Ouest. Les élus s’opposent à toute augmentation de leur nombre et réclament même une diminution au gouvernement du Québec.

Présentement, dans l’arrondissement, 19 établissements se partagent 27 licences autorisant la possession de ces appareils. C’est moins qu’il y a cinq ans. En 2011, on en comptait 31 réparties entre 23 établissements pour un total de 155 appareils.

La majorité des appareils de loterie vidéo (ALV) sont dans des bars situés sur le boulevard Monk, dans le quartier Émard, et la rue Notre-Dame, dans Saint-Henri. Il n’y en a aucun dans la Petite-Bourgogne et Griffintown.

C’est un changement dans la loi sur les ALV qui a poussé les élus à y aller de cette demande. Auparavant, le nombre d’ALV autorisé par licence était de cinq, mais les propriétaires pouvaient détenir plus d’un permis. La modification à la loi interdit désormais à un propriétaire d’établissement de posséder plus d’un permis. Toutefois le nombre d’appareils par permis n’est plus limité.

Alain Vaillancourt, le conseiller de Projet Montréal à l’origine de cette demande, s’inquiète de cette situation.

«En ce qui me concerne, on pourrait éliminer complètement ces appareils. Ils ne présentent aucun avantage pour l’arrondissement. Il n’y a aucun aspect positif», martèle M. Vaillancourt.

Secteur à risque
Le conseiller réagit aussi à une cartographie publiée en octobre par la Direction régionale de santé publique du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal, qui place le Sud-Ouest parmi les arrondissements les plus vulnérables aux risques associés aux jeux de hasard et d’argent, en raison des caractéristiques socioéconomiques de sa population et de la disponibilité de ces jeux. Il se retrouve en tête de liste avec Ville-Marie et Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension.

Les chercheurs ont déterminé les zones à risque en combinant plusieurs facteurs, dont la concentration de personnes sans diplôme et vivant sous le seuil de faible revenu.

Selon les données de 2011 de Statistique Canada, 24% des personnes de 15 ans et plus du Sud-Ouest n’ont pas de diplôme. Le revenu total moyen avant impôts s’élève à 31 311$ par année, moins que celui de Montréal (33 859$). Après avoir payé les impôts, près de 33% des résidents vivent avec un faible revenu, comparativement à 26% à Montréal.

«Les gens vont jouer davantage si les appareils sont plus près de leur domicile. La distance constitue un frein au jeu», souligne Alain Vaillancourt.

Il cite la Direction régionale de santé publique de la Capitale-Nationale qui, dans un document publié en 2013, rappelle que les liens entre l’accessibilité géographique et la pratique de jeux de hasard et d’argent ont été établis dans plusieurs études.

Le 24 octobre dernier, le ministre des Finances, Carlos Leitao, responsable politique de Loto-Québec, a indiqué qu’aucun nouvel ALV ne serait ajouté aux 11 600 déjà en circulation dans la province. Il a même précisé que le gouvernement diminuerait leur nombre en ciblant prioritairement les secteurs plus vulnérables.

8 personnes sur 10
La Maison Jean Lapointe offre depuis 2001 un programme aux personnes ayant un problème de jeu pathologique ainsi qu’à leurs proches.

«Les appareils de loterie vidéo sont en cause pour 7 à 8 personnes sur 10 que nous accueillons. C’est le gros de notre clientèle», indique Louis-Philippe Bertrand, porte-parole de l’organisme.

Il se garde toutefois de faire un lien direct entre leur problème et leur condition économique. «Les trois quarts des personnes que nous accueillons ont un travail. Il y a des gens sur l’aide sociale aussi bien que des professionnels. Ça vient de tous les milieux», note M. Bertrand,

Chaque année, entre 450 et 500 personnes ayant un problème de jeu ainsi que des proches qui cherchent de l’aide franchissent les portes de la Maison Jean Lapointe.

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