Le ministère des Transports du Québec (MTQ) a dévoilé, le 4 mai, son projet final pour la reconstruction de l’échangeur Turcot. Les modifications qu’il comporte n’impressionnent pas l’arrondissement du Sud-Ouest.
Cette version prévoit notamment un pont haubané au-dessus du canal de Lachine, dans Côte-Saint-Paul, et le réaménagement du secteur Pullman près du Centre universitaire de santé McGill de manière à créer de nouveaux liens entre ce secteur et les quartiers adjacents. Il y aura aussi de nouveaux aménagements pour valoriser la falaise Saint-Jacques ainsi que la construction d’une piste cyclable «protégée» dans l’axe du prolongement du boulevard De La Vérendrye jusqu’à la rue Saint-Patrick.
Selon cette version, la capacité de l’échangeur augmentera de 8000 véhicules par jour. Actuellement, 300 000 véhicules l’empruntent quotidiennement.
«Le projet ne comporte que très peu d’améliorations et la plupart d’entre elles sont plus cosmétiques que fondamentales», a déploré le maire de l’arrondissement du Sud-Ouest, Benoit Dorais, également porte-parole de Vision Montréal en matière de transport. L’arrondissement estime que «plutôt que d’offrir de véritables alternatives aux Montréalais», le MTQ «continue de construire des infrastructures coûteuses qui augmentent toujours plus le nombre de voitures qui transitent en ville chaque jour».
La conseillère et porte-parole de Vision Montréal en matière d’urbanisme, Véronique Fournier, a pointé du doigt les emprises des différents modes de transport collectif prévues dans le projet – tramway, train, navette aéroportuaire, pistes cyclables – alors que «rien n’est décidé et rien n’est financé».
Elle a critiqué du même souffle la construction de murs de trois étages de haut tout le long de l’autoroute, dans Côte-Saint-Paul, et celle d’un mur qui longera de près le Complexe récréatif Gadbois, alors que l’arrondissement proposait une autoroute en structures «pour laisser respirer le deuxième plus grand complexe sportif» à Montréal.
«Mauvaise qualité de l’air, circulation accrue dans nos rues, faiblesses du transport en commun, sécurité compromise des piétons et des cyclistes, enclavement de nos quartiers et affaiblissement de nos infrastructures de loisirs: ce sont les résidants du Sud-Ouest qui subiront toutes les retombées négatives des mauvais choix du gouvernement du Québec en plus de tous les inconvénients des 10 années de construction», a résumé le maire Dorais.
Le coût des travaux est toujours évalué à 3 milliards de dollars. Le chantier devrait être complété en 2018. (A.D.)