WASHINGTON — Le président Donald Trump menace de poursuivre l’auteur Michael Wolff et sa maison d’édition concernant la publication d’un nouveau livre qui présente le dirigeant des États-Unis comme un homme puéril qui n’a jamais vraiment voulu gagner la présidence.
L’avocat du président, Charles Harder, a envoyé jeudi une mise en demeure à M. Wolff et à son éditeur, Henry Holt and Co. Ni l’auteur ni sa maison d’édition n’ont répondu aux demandes de commentaires de l’Associated Press.
Mercredi en fin de journée, M. Harder avait également transmis une mise en demeure à Steve Bannon, l’ancien conseiller à la sécurité nationale qui s’est confié à l’auteur.
Donald Trump a l’habitude d’envoyer des mises en demeure lorsqu’il n’apprécie pas quelque chose, mais il passe rarement à l’action.
Dans le livre, Steve Bannon parle notamment de la fameuse réunion de juin 2016 à la Trump Tower entre Donald Trump fils, des conseillers de la campagne électorale et un avocat russe, qu’il qualifie d’acte de «trahison» et de geste «antipatriotique». Cette rencontre se trouve au coeur d’une enquête en cours.
Selon la mise en demeure, l’avocat de Donald Trump accuse M. Bannon d’avoir ainsi violé des ententes de confidentialité.
Le livre de Michael Wolff doit être publié le 9 janvier, mais des extraits ont été divulgués à certains médias, mercredi. Le président a rapidement fustigé M. Bannon, affirmant qu’il «avait perdu la tête».
Jeudi, le président Trump a souligné que Steve Bannon avait «rapidement changé de ton». Selon le réseau CNN, mercredi soir, à la radio, M. Bannon a décrit le président comme un «grand homme». Jeudi matin, M. Bannon a assuré à un auditeur qu’il restait «plus étroitement (lié) que jamais» aux priorités de Donald Trump.
«Je ne lui parle pas», a dit M. Trump aux journalistes, jeudi, alors qu’il se préparait à rencontrer des sénateurs républicains.
Michael Wolff a expliqué dans une note de l’auteur que le livre s’appuyait sur 200 entrevues, dont plusieurs auraient été réalisées avec le président et des employés importants de la Maison-Blanche. Mais la porte-parole de la Maison-Blanche, Sarah Huckabee Sanders, affirme que l’auteur «ne s’est jamais vraiment assis avec le président». M. Trump n’aurait parlé qu’une seule fois à l’auteur, brièvement, par téléphone.
