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Extrême droite: et si les femmes étaient la solution

L’élection du controversé Jair Bolsonaro à la tête du Brésil a fait basculer le pays dans l’extrême droite. Ses propos racistes, sexistes et homophobes sont particulièrement violents. Ses politiques vont clairement à l’encontre d’acquis importants pour certains groupes. Il rejette la politique des quotas qui favorise l’accès à l’université des Afro-Brésiliens et des femmes. Il a décrit la mort de Marielle Franco, née dans un bidonville et conseillère municipale noire et lesbienne de la ville de Rio, assassinée, comme une simple «mort de plus à Rio de Janeiro». Il a également déclaré que les féministes brésiliennes «n’étaient bonnes qu’à faire des fellations». Vous voyez le genre!

En Europe, les percées de l’extrême droite atteignent des sommets (Autriche, Finlande, Allemagne, France, Danemark, Hongrie, Suède, Pays-Bas, etc.). Plus près de nous, Trump se passe de présentations et les politiques sur l’immigration et l’inclusion de la CAQ sont beaucoup plus à droite sur l’échiquier politique canadien.

Dans ce contexte, si la capacité de rassemblement des femmes changeait la donne…

Les femmes ont été ces dernières années à la tête d’immenses mouvements qui remettent en cause la société patriarcale et ses dérives sociétales. On n’a qu’à penser au mouvement #NiUnaMenos (Ni une de moins) né en 2015 en Argentine, qui s’est férocement battu contre les féminicides. En 2017, 200 000 femmes ont manifesté à Washington pour protester contre l’investiture de Donald Trump. On peut penser aux six millions de personnes qui ont suivi la grève générale lancée par plusieurs organisations féministes le 8 mars en Espagne. Au Brésil, le mouvement #Elenão («pas lui») a réuni des millions de femmes qui s’opposaient à l’élection de Bolsonaro.

Les femmes sont souvent les premières victimes des mesures d’austérité, mais elles ont également ce pouvoir, cette capacité à rassembler et à créer des mouvements pour se faire entendre. Je pense, peut-être naïvement, que les femmes ont un vécu, une histoire qui leur permet d’être fédératrices lorsqu’il s’agit de combattre les injustices sociales. Force est d’admettre que les luttes victorieuses et historiques des mouvements féministes montrent que la résistance est possible. Je crois que nous sommes appelés à être témoins, dans les années à venir, d’une multiplication de mouvements portés par des femmes (mais supportés par tous) pour combattre la montée dangereuse de l’extrême droite, car elle menace directement la survie de programmes sociaux qui viennent particulièrement en aide aux femmes, et aussi parce qu’elle menace certains droits acquis relatifs à la sécurité et à la santé des femmes. Le silence n’est plus une option face à l’intolérance. Le racisme, le sexisme, la xénophobie, l’homophobie ne peuvent gagner plus de terrain.

Je vous laisse sur ces mots de Marielle Franco, qui illustrent bien la position spécifique des femmes dans la lutte contre l’injustice sociale: «Pour nous, les femmes, la lutte est quotidienne. Maintenant, c’est à notre tour. Nous allons occuper notre place dans la ville et la politique. Notre voix, si souvent tue, doit se faire entendre maintenant pour se faire valoir. Je suis forte parce que nous le sommes toutes. Je suis, parce que nous nous rassemblons. Je suis Marielle Franco: femme, Noire, mère et de la favela. Je suis parce que nous sommes.»

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