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Quand les Syriens et les Tunisiens combattent l’islam radical

En moins de 48 heures, deux événements majeurs ont secoué le dattier arabe. Les rebelles syriens et les élus tunisiens ont dit non à la radicalisation islamiste.

En Syrie, même s’ils avaient maille à partir avec l’armée suréquipée de Bachar el-Assad, depuis quelques jours, les rebelles, pourtant sous-équipés et sans un soutien financier adéquat, ont ouvert un second front pour combattre la création d’un État islamique radical.

Les médias du monde documentent depuis plusieurs mois la montée fulgurante de l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL). Cette branche radicale proche d’al-Qaïda fait régner la terreur dans les zones qu’elle contrôle en Syrie. Des scènes d’horreurs sont rapportées. Les envoyés des médias parlent de décapitations, de flagellations publiques au nom de la charia, de torture, d’enlèvements et d’assassinats sommaires.

Les rebelles se sont indignés et ont décidé de créer «l’Alliance des Moujahidines», une coalition de groupes armés engagés dans la lutte contre les obscurantistes adeptes d’un État islamiste radical.

En Tunisie, trois ans après sa révolution de jasmin qui a bouleversé la région pour le sortir de sa torpeur avec le Printemps arabe, le monde était dubitatif face à l’enlisement de ce petit pays dans la violence.
 Mais il ne faut pas perdre espoir. Les premiers articles de la future Constitution tunisienne ont été adoptés cette fin de semaine. Ces articles garantissent la liberté de conscience.

Les deux premiers articles de la constitution de 1959 n’ont pas été changés. Ceux-là mêmes qui définissent la Tunisie comme une République guidée par la «primauté du droit», un État «libre, indépendant, souverain» et «civil» dont la religion est l’islam. Mais rien n’est gagné d’avance. Le lendemain, les travaux autour de la Constitution tunisienne ont été suspendus, après une vive altercation entre des députés.

Depuis le début des débats sur la nouvelle Constitution, le climat est acrimonieux en Tunisie. Le face à face entre le parti islamiste d’Ennahda et les laïques risque-t-il de tuer dans l’œuf tout espoir de compromis? En tout cas, les débats ont repris leurs travaux.

Même si les prophètes du malheur, ici comme ailleurs, soufflent sur le brasier et espèrent que la Syrie et la Tunisie basculent dans les griffes d’al-Qaïda, les peuples en place résistent dans la tourmente.

La bataille de la démocratie en Arabie va prendre beaucoup de temps avant que sa sauce prenne. Comme, d’ailleurs, partout où la démocratie a fini par être instaurée!

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