Société

Un congé payé pour la Journée internationale des femmes?

Et si on pouvait bénéficier d’un congé payé à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars prochain? C’est la proposition d’Organon Canada, une entreprise mondiale de produits pharmaceutiques destinés aux femmes, qui offrira à tous les membres de son personnel, peu importe leur genre, une journée de répit avec salaire. 

Alors que la pandémie touche plus durement les femmes, le président et directeur général d’Organon Canada, Michael Casia, veut permettre aux 9500 membres de son personnel à travers le monde de s’occuper de leur santé et de celle des femmes qui les entourent, au moins le temps d’une journée. 

Il a choisi la date de la Journée internationale des droits des femmes, une journée souvent utilisée pour sensibiliser la population aux questions d’équité. «C’est une manière pour nous de reconnaître et de souligner le point de l’inégalité en général, mais aussi de donner un bénéfice à nos employées pour qu’elles se concentrent sur leur propre santé et celle des femmes dans leur vie», explique-t-il en entrevue avec Métro.

En effet, le 8 mars prochain, les 125 employés et employées d’Organon au Canada, dont 80 au Québec, auront un congé payé. Au pays, 70% du personnel salarié de l’entreprise sont des femmes. 

«On espère qu’ils prennent cette journée pour prendre des rendez-vous médicaux, assister à un ou deux cours d’exercice, par exemple. Ou simplement à réfléchir à une manière de créer des changements [liés au] bien-être dans leur vie», poursuit M. Casia.

Il mentionne également que certains membres du personnel comptent profiter de leur congé pour visiter des membres de leur famille en CHSLD. 

Les femmes sont l’épine dorsale d’une communauté prospère, stable et résiliente.

Michael Casia, PDG d’Organon Canada

Une demande déjà souvent formulée

La demande d’un congé payé à l’occasion de la Journée internationale des droits de la femme n’est pas nouvelle. Le 8 mars 2017, 50 pays dans le monde avaient lancé un mouvement de grève internationale. Des organisations féministes, des syndicats et des organisations non gouvernementales avaient invité les femmes et les hommes à se mobiliser en arrêtant de travailler ce jour-là à 15h40.

Cette initiative avait notamment été suivie en France, aux États-Unis, en Allemagne, en Russie, au Mexique et en Corée du Sud. Si les mobilisations au Québec ont été plus sobres, deux organisations qui viennent en aide aux femmes de la ville de Saskatoon, en Saskatchewan, avaient décidé de tenir une «Journée sans femme» pour que l’apport des femmes à l’économie soit reconnu.

Toujours en 2017, une société de transports collectifs niçoise, la société ST2N (devenue aujourd’hui la Régie Ligne d’Azur) avait décidé de donner une demi-journée de congé exclusivement aux femmes de l’entreprise le 8 mars. En juillet 2017, la Cour de cassation, qui est la juridiction la plus élevée de l’ordre judiciaire français, avait déclaré légale l’initiative après qu’un des salariés de sexe masculin de la société ST2N l’eut contesté devant la justice.

Plus récemment, en novembre 2021, une quarantaine de personnes et d’organisations avaient réclamé dix jours de congé payé pour les victimes de violence conjugale dans une lettre ouverte publiée à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence envers les femmes.

Appels à la participation

L’Alberta Women’s Health Foundation se joindra à l’initiative d’Organon. «C’est une organisation qui a une mission très similaire à la nôtre, donc on les a approchés. Ils ont fait beaucoup de recherche sur le sujet des inégalités dans la santé de la femme», mentionne Michael Casia. 

Ensemble, ils encouragent d’autres dirigeants d’entreprise à créer une initiative similaire dans le but de mettre l’accent sur la santé des femmes au Canada. «D’ici le 8 mars, on espère avoir d’autres compagnies qui vont nous rejoindre, soit dans l’initiative même, ou en nous aidant à souligner de manière générale l’importance de la santé de la femme», indique M. Casia. 

Considérant que les préoccupations des femmes ne sont pas suffisamment entendues ou comprises, Organon s’engage à leur fournir une voix, notamment à travers sa plateforme «Here for her health».

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