Culture

La rançon de la gloire

Depuis quelques semaines déjà, Télé-Québec nous présente l’intéressante série documentaire Ma vie après le sport. Un regard différent sur la réalité sportive de nos athlètes. Regard qui, dans la foulée des Jeux de Sotchi, trouve une pertinence renouvelée.

Aujourd’hui, on célèbre les médaillés. Les Dufour-Lapointe, Bilodeau, Kingsbury et Hamelin de ce monde font la manchette et sont sur toutes les lèvres.

Une fierté, tout simplement. Les gens expriment de la fierté et la partagent. C’est particulièrement vrai à l’heure des réseaux sociaux. On aime, tout de suite et maintenant. L’immédiat fait foi de tout.

Mais que se passe-t-il demain? Et le jour d’après? Quand le corps s’effrite et que la poussière retombe, qu’advient-il de ces athlètes?

La série de Télé-Québec soulève la question en plusieurs déclinaisons. Les blessures, la vie amoureuse, familiale, les amis, l’argent, les maladies mentales, etc. La vie continue, surtout quand la gloire s’efface.

Devrait-on ménager notre enthousiasme sachant la chute qui attend la plupart des athlètes après la retraite?

Le sport nous fascine collectivement, c’est instinctif. On se rassemble autour des sportifs et, le temps d’un exploit, ils deviennent plus grands que nature. Des superhéros, d’une certaine façon. Moi le premier, je m’émerveille devant l’extrême capacité du corps et de la volonté. Un triomphe qui nous rappelle que les possibles sont plus vastes que ce que l’on se laisse croire.

Si un athlète peut se consacrer quatre ans à un sport pour une course de dix secondes, je peux certainement trouver le courage de lacer mes bottines chaque matin pour vivre ma routine qui parfois m’apparaît comme une montagne insurmontable.

Tout est relatif – le sport comme la vie.

Célébrons les Jeux olympiques. C’est beau, très beau même. Mais relativisons. Il n’y a pas que les triomphes, il y a aussi les parcours plus cahoteux comme celui de la très inspirante Kaya Turski qui, après une chirurgie novatrice à son genou, n’a pas été en mesure de monter sur le podium olympique, elle qui pourtant était la monarque de sa discipline avant sa blessure.

La vie en nuance de gris (non, pas la série de roman érotico-mocheton)

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BONUS : l’équipe de E60, pour ESPN, nous présente la deuxième vie du lutteur professionnel Scott Hall. Difficile de mieux relativiser la gloire et le confort des feux de la rampe.

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