Le Canadien s’est fait humilier hier en subissant un balayage contre les Bruins de Boston. L’année du centenaire, que le Tricolore avait vendue à ses fans comme l’année de tous les espoirs, s’est finalement transformée en cauchemar.
Les gens ont été durs hier en huant vertement leurs «Glorieux». Des commentateurs ont vilipendé ces partisans qui, déçus par la performance gênante du Tricolore, ont fait entendre leur mécontentement au Centre Bell.
Attendons un peu avant de condamner ces quelques «imbéciles». Ces «imbéciles» se sont fait promettre mer et monde en début de saison, se sont acheté des chandails à des prix ridiculement exorbitants, se sont payé des billets pour encourager le Bleu-blanc-rouge à des prix encore plus ridicules.
Quand les joueurs sont restés sur la glace pour saluer la foule hier, ces «imbéciles» les ont applaudis, et ces «imbéciles» rempliront encore le Centre Bell l’an prochain.
Que Carey Price se soit fait chahuter par la foule est plus dérangeant. Le jeune gardien, qui a levé les bras au ciel en signe de dérision en deuxième période, n’est pas responsable de l’élimination du Canadien. Même s’il n’a pas été étincelant pendant la série, une équipe ne peut pas gagner lorsqu’elle ne marque que six buts en quatre rencontres.
De toute façon, ce n’est pas lui qui a décidé de s’installer devant le filet mercredi soir. C’est Bob Gainey qui l’a envoyé. Après la deuxième période, alors que sa confiance et son moral étaient probablement au plus bas, c’est encore Bob Gainey qui a envoyé le petit jeune à l’abattoir.
Justement, se pourrait-il que la plupart des huées étaient destinées au grand patron du Canadien hier soir. Les huées ne venaient-elles pas de partisans frustrés par le congédiement de Guy Carbonneau, par l’inertie de la direction à la date limite des échanges, par la surévaluation de certains joueurs, jeunes et moins jeunes. Ce n’est pas évident de montrer son insatisfaction face au travail d’un directeur-général/entraîneur, quoique les CARBO, CARBO, CARBO, parlaient d’eux-mêmes.