Environnement

Trump admet enfin le rôle de l’activité humaine dans le réchauffement climatique

Le président Donald Trump klaxonne un camion alors qu'il rencontre des camionneurs et des PDG au sujet des soins de santé sur la pelouse sud de la Maison Blanche à Washington, le 23 mars 2017.

Ellen Knickmeyer et Seth Borenstein - The Associated Press

Le président Donald Trump a finalement reconnu lors du débat de mardi soir que les humains étaient responsables du changement climatique, mais les scientifiques sont encore loin d’être satisfaits de sa position sur cet enjeu.

Pressé de questions à ce sujet à plusieurs reprises lors du débat, le républicain est allé plus loin que ce qu’il a l’habitude de dire — ou de ne pas dire — sur une crise climatique croissante qui, selon les experts, menace tous les aspects de la vie sur Terre. Poussé par le modérateur Chris Wallace et à un certain moment par son rival Joe Biden, M. Trump a également rejeté les affirmations des scientifiques voulant que ses politiques environnementales augmenteraient la pollution.

L’échange sur le changement climatique a représenté un rare moment de discussion sur les politiques de l’administration Trump dans un débat bruyant et chaotique. Et il a permis de cibler les grandes lignes de la position du candidat républicain sur le climat.

«C’est une triste déclaration sur l’historique du président en matière de changements climatiques, mais c’est un développement majeur de le voir reconnaître clairement le rôle des gaz à effet de serre provenant des émissions humaines», a affirmé Chris Field, directeur du Stanford Woods Institute for the Environment à l’Université Stanford.

«Il s’agit toujours d’un déni pur et simple de la science, en plus du déni des effets dévastateurs» des changements climatiques comme les incendies de forêt records qui forcent à nouveau des évacuations dans l’ouest des États-Unis, a souligné Michael Mann, chercheur sur le climat à la Pennsylvania State University, qui participe depuis longtemps aux efforts des scientifiques pour inciter les citoyens ordinaires et les dirigeants à faire face à la réalité du réchauffement climatique.

«Dans une certaine mesure»

Donald Trump a déclaré mardi que les humains — leurs gaz d’échappement, leur production de pétrole et de gaz et les fumées de leurs cheminées — n’étaient que l’une des nombreuses causes de la détérioration de l’atmosphère terrestre qui perturbe les conditions météorologiques.

«Vous pensez que la pollution humaine, les gaz, les émissions de gaz à effet de serre contribuent au réchauffement climatique de cette planète?», a demandé le modérateur.

«Je pense que beaucoup de choses le font, mais je pense que dans une certaine mesure, oui», a finalement répondu M. Trump après la troisième question de M. Wallace à ce sujet.

M. Trump avait esquivé les deux précédentes questions du modérateur, en répondant plutôt avec la rhétorique habituelle de son administration: il veut de l’eau propre et de l’air pur, il soutient la plantation d’arbres et il attribue l’aggravation des incendies de forêt à l’incapacité des États de l’ouest à entretenir leurs sols forestiers.

La deuxième réponse de M. Trump a aussi esquivé le point clé, à savoir que la combustion de pétrole, de gaz et de charbon représentent une nuisance pour le climat.

«Les humains sont plus que responsables de tous les changements climatiques au cours des 50 dernières années», période pendant laquelle la majorité des changements se sont produits, a souligné Donald J. Wuebbles, professeur de sciences atmosphériques à l’Université de l’Illinois, dans un courriel. M. Wuebbles est l’auteur principal de l’évaluation nationale du climat mandatée par le Congrès en 2017-2018.

Un progrès par rapport à 2012

Les attaques du président Trump envers les climatologues et ses tentatives répétées d’annuler les règles et les lois limitant les émissions de combustibles fossiles parlent «plus fort que toute admission réticente sur le changement de notre climat», a estimé Kim Cobb, professeure de sciences de la Terre et de l’atmosphère au Georgia Institute of Technology.

La position adoptée par M. Trump mardi est plus conservatrice que celle de nombreux élus de son parti. Certains membres républicains du Congrès sont devenus plus francs sur le changement climatique d’origine humaine depuis que la démocrate Alexandria Ocasio-Cortez et d’autres ont exigé des mesures énergiques pour lutter contre le réchauffement lors des élections de mi-mandat de 2018.

La reconnaissance par M. Trump du rôle des activités humaines dans le réchauffement climatique représente tout un changement par rapport à ses déclarations de 2012, lorsqu’il avait affirmé que la science climatique était un «concept» inventé par la Chine pour nuire aux États-Unis, un «canular» et une «industrie lucrative».

Pas plus tard qu’à la mi-septembre, il avait déclaré aux dirigeants californiens aux prises avec l’aggravation des incendies de forêt que le climat «recommencerait à se refroidir». «Il suffit d’observer», avait-il dit.

Ellen Knickmeyer et Seth Borenstein, The Associated Press


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