Durant presque un mois, j’ai décroché de l’actualité, des guerres sur Terre, pour plonger complètement dans le Mondial brésilien. Commenter des matchs d’un tournoi de foot, quelle paix!
Hélas, juste après le sifflet final de cette Coupe du monde, je me suis replongé dans les tragédies humaines de l’actualité internationale. Avec l’éternel conflit israélo-palestinien, la montée de l’État islamique dans cette jungle à cheval entre l’Irak et la Syrie et l’impasse ukrainienne, je n’ai pu que constater la folie humaine.
Dans ce menu funeste, s’il y a un conflit planétaire avec lequel j’ai carrément grandi, c’est celui du malheur palestinien. Avant l’ère de l’internet, des médias sociaux et de l’information en continu, les radios, la presse écrite, les bulletins de nouvelles et les débats du quartier sur ma planète-mère étaient dédiés à cette tragédie.
Dans ma tête de gamin et, par la suite, d’adolescent, pacifiste que je suis, je ne suis jamais arrivé à comprendre cette situation kafkaïenne. Comment la communauté internationale ose-t-elle laisser tomber un peuple dans les griffes de son occupant? Comment le droit international peut-il être bafoué aussi allégrement?
Adulte, après plusieurs lectures et débats nocturnes, j’ai fini par saisir une réalité de notre monde: le droit international n’est là que pour donner de l’espoir aux opprimés, mais aussi pour être bafoué à la guise des puissants de ce monde et leurs intérêts vitaux.
Cette logique est la réalité de notre monde. C’est le cas des territoires palestiniens occupés, comme partout ailleurs. Prenez n’importe quel conflit, la vitesse d’intervention du monde dit libre s’accélère proportionnellement au poids de ses intérêts vitaux dans le dossier.
En 1990-1991, la première guerre du Golfe en était l’exemple criant. Il fallait coûte que coûte libérer le Koweït, à la suite de son invasion par l’Irak. Les États-Unis et leurs alliés n’allaient pas laisser flamber le cours du pétrole pour éviter une crise économique intergalactique. Les Cheikhs arabes se sont empressés de financer cette guerre.
En une intervention éclair, le Koweït a retrouvé le concert des nations, alors que, non loin de là, le peuple palestinien gît sous le joug de l’occupation israélienne depuis 1947!
D’une façon ou d’une autre, pourquoi ces mêmes Arabes n’ont-ils pas eu le culot d’user de leurs pétrodollars pour libérer leurs «frères» palestiniens? La réponse est simple: frères ou pas, en politique étrangère, ce n’est pas la justice internationale qui dicte sa loi. Ce sont les intérêts vitaux des puissants qui priment!