Steven Guilbeault est à Toronto à l’occasion du G20. Il nous présente
chaque jour ses réflexions.
Ça devait être un grand moment pour Stephen Harper. Hélas, en ce qui concerne plusieurs des enjeux clés des sommets du G8 et du G20, le premier ministre n’a pas su, ou n’a pas voulu, obtenir les consensus qui étaient nécessaires à l’avancement de dossiers clés.
G8
La question de la santé maternelle dans les pays en voie de développement était la priorité de M. Harper. Malheureusement, seul un maigre 5 G$ a été annoncé samedi, alors que les groupes d’aide au développement espéraient un effort 5 fois plus important. Dennis Howlett, de la campagne Abolissons la pauvreté, a parlé d’un «moment triste qui remet en question l’existence même du G8».
Même son de cloche à propos des changements climatiques. Les groupes écologistes canadiens et internationaux exigeaient des progrès substantiels, après la rencontre décevante de Copenhague. Or, les leaders du G8 ont été incapables d’insuffler un nouvel élan au travail de l’ONU sur le climat malgré des demandes répétées des groupes écologistes, des scientifiques, de plusieurs prix Nobel de la paix et du secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon.
G20
L’un des sujets clés du G20 portait sur la question des subventions aux combustibles fossiles, qui totalisent au moins 100 G$ par an; les membres du G20 s’étaient engagés, au sommet de Pittsburgh en 2009, à réduire ces subventions. La rencontre de Toronto devait être le moment où les pays s’engageraient à préciser quelles subventions ils allaient abolir, à quelle hauteur et en fonction de quel échéancier. Or, le communiqué final n’a fait que réitérer les engagements déjà pris.
Petit rayon de soleil dans ce tableau plutôt sombre : il semble que la question de la taxe sur les transactions bancaires ait survécu aux attaques et à l’opposition incessante du gouvernement Harper. Cette taxe servirait en partie à financer l’aide au développement et la lutte aux changements climatiques, ainsi qu’à renflouer les coffres des pays ayant souffert de la crise causée par les banques.
Plusieurs personnes à qui j’ai parlé lors de ces sommets affirment que si M. Harper a eu autant de difficulté à atteindre ses objectifs, c’est peut-être parce que, pendant des années, il a levé le nez sur les questions internationales, comme on a pu le voir à Copenhague. Il en paye aujourd’hui le prix.