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Khashoggi: la ministre Freeland a encore des questions

Khashoggi: la ministre Freeland a encore des questions
Photo by: John Woods / La Presse canadienneChrystia Freeland, Minister of Foreign Affairs, participates in a question and answer session at a Winnipeg Chamber of Commerce luncheon in Winnipeg, Wednesday, April 4, 2018. The federal government isn't saying whether it has authorized the export of any Canadian-made weapons to Ukraine, where government troops and Russian-backed separatists are fighting.THE CANADIAN PRESS/John Woods

OTTAWA — La ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, veut profiter du prochain sommet du G20 en Argentine pour inciter l’Arabie saoudite à fournir des réponses sur le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi.

Le Canada estime que l’enquête sur l’assassinat du journaliste saoudien est toujours ouverte, a indiqué la ministre Freeland, mardi.

«Le Canada ne considère pas du tout que l’affaire Khashoggi est close», a-t-elle déclaré.

Cette réaction contraste avec une déclaration faite plus tôt dans la journée par le président des États-Unis, Donald Trump, selon laquelle les faits entourant la mort de M. Khashoggi pourraient ne jamais être connus.

Mme Freeland s’attend à ce que cette affaire soit un enjeu des discussions entre les dirigeants des 20 plus grandes économies du monde, en décembre.

Elle affirme que le Canada fera pression pour lancer une enquête internationale transparente.

«La position très claire du Canada est que ceux qui sont responsables de ce meurtre horrible doivent rendre des comptes», a-t-elle soutenu.

«Et nous imaginons certainement que le meurtre de M. Khashoggi sera un enjeu, dont on discutera avec plusieurs des partenaires que nous rencontrerons.»

Le royaume est membre du G20 et la chaîne de télévision saoudienne Al-Arabiya a annoncé que le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, qui dirige de facto le pays, participerait au sommet.

Les services de renseignement américains ont conclu que le prince héritier avait ordonné l’assassinat du 2 octobre, qui s’est produit dans le consulat saoudien à Istanbul, en Turquie.

Dans sa déclaration, Donald Trump a affirmé que le prince Salmane était peut-être courant du meurtre, «mais peut-être pas» non plus. Il a toutefois rappelé que l’Arabie saoudite demeurait un allié indéfectible des États-Unis, qui a aidé à garder les prix du pétrole bas.

Le Canada envisage aussi des sanctions
Les États-Unis ont déjà sanctionné 17 individus saoudiens en vertu de la loi Magnitski, et ne prévoient pas aller plus loin.

Mme Freeland indique que le Canada envisage des sanctions semblables, mais elle n’a pas précisé pourquoi cela n’a pas déjà été fait.

Une source gouvernementale a expliqué que toute décision de sanction serait approuvée par le cabinet, et ferait partie d’un processus global avec les alliés du Canada. Ce responsable s’est exprimé sous le couvert de l’anonymat, étant donné qu’il s’agit d’un enjeu délicat.

Dans le cadre de ce processus, le Canada fera aussi la promotion avec ses alliés d’une enquête internationale indépendante sur le sujet et d’une vérification de l’enregistrement fourni par les Turcs sur la mort du journaliste.

Mme Freeland n’a pas entendu l’enregistrement, mais elle a été informée de son contenu par le dirigeant du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), qui s’est rendu en Turquie pour l’entendre, selon cette source.

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