Pour les commerçants du centre-ville de Montréal, le Grand Prix est le plus important week-end de l’année. «C’est encore meilleur que les Fêtes, soutient André Poulin, directeur général de Destination centre-ville, un regroupement qui compte 8 000 entreprises et commerces du quartier. Tout le monde en bénéficie.»
À commencer par les hôtels, qui augmentent leur prix pour l’occasion et n’acceptent que des réservations de deux nuitées au minimum. Les restaurants figurent également parmi les premiers à en profiter.
«Pendant une semaine normale, nous faisons environ 150 couverts le midi et 150 le soir, calcule Alain Creton, le propriétaire du restaurant Alexandre sur la rue Peel. Pendant le Grand Prix, quatre jours, nous faisons environ 2 500 couverts.»
Alain Creton assure pourtant ne pas augmenter ses prix pendant l’événement. «Environ 80 % des personnes qui viennent sont des réguliers, explique-t-il. Ils amènent avec eux des amis et ce sont souvent des personnes importantes.» Car le Grand prix est un moment privilégié pour les affaires. Les entreprises invitent leurs clients les plus importants à assister aux courses et les emmènent ensuite manger au restaurant ou visiter Montréal.
Les touristes en ville durant la période de la course y viennent à 90 % spécialement pour l’occasion. Et la plupart disposent d’un pouvoir d’achat confortable. «Ce sont les produits haut de gamme qui ont le plus de succès», précise André Poulin. Des produits invendables durant l’année trouvent alors preneur. Les grands crus et les magnums de champagne, par exemple, sont consommés en nombre.
Et surtout, le Grand Prix du Canada est une vitrine incomparable pour Montréal, qui accueille le plus grand événement touristique du pays. «On est une bonne carte postale pour le reste de la province», ajoute Alain Creton en guise de conclusion.
Une histoire de gros sous
Le Grand Prix représente la promesse de retombées économiques estimées à quelque 89 M$ pour une année. De quoi convaincre Ottawa, Québec, Tourisme Montréal et la Ville de Montréal de trouver du financement pour conserver le seul Grand Prix de F1 d’Amérique du Nord.
Ottawa et Tourisme Montréal se sont ainsi engagés à verser 5 M$ chacun par an, Québec
4 M$, et la Ville de Montréal 1 M$. Pour un total de 75 M$ sur cinq ans. «C’est une opération rentable pour le gouvernement du Québec, tant financièrement qu’en termes de visibilité», assure Raymond Lesage, sous-ministre adjoint à l’accueil et à l’hébergement au ministère du Tourisme.
Québec percevra en contrepartie un pourcentage sur la fiscalité ainsi que 30 % sur la billetterie.