Josie Desmarais/Métro Martin Prud'homme

Éclaboussé par des scandales de favoritisme, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) se dote d’une nouvelle «direction des normes professionnelles» qui gèrera les enquêtes internes. Le tout dans le but de regagner la confiance du public et de ses policiers.

Son chef intérimaire, Martin Prud’homme, en a fait l’annonce dans son plan de redressement présenté mardi devant la commission de la Sécurité publique de la Ville de Montréal.

M. Prud’homme a tout d’abord dit avoir pu «corroborer certains constats de Me Michel Bouchard», auteur en décembre d’un rapport accablant sur les pratiques internes du corps policier. Ce rapport faisant notamment état du favoritisme et des enquêtes bâclées à la division des affaires internes et a mené à la suspension du chef précédent, Philippe Pichet.

«La plus grande problématique était au niveau des enquêtes internes, où il y avait des décisions arbitraires. La nouvelle direction va rendre des comptes et être beaucoup plus transparente.» Il souhaite regagner la confiance du public en créant cette unité, mais aussi celle de ses propres policiers. «Le recrutement de cette unité est difficile, c’est une division impopulaire», a-t-il constaté.

Afin d’inculquer ce «changement de culture», M. Prud’homme a créé «une direction totalement indépendante» de la direction générale. «Nous allons ajouter des commandants et des cadres à l’équipe d’enquête pour éviter que des syndiqués enquêtent sur un cadre», a expliqué le chef de police.

Les enquêtes internes de nature criminelle ont été temporairement confiées à une équipe mixte composée de plusieurs corps policiers québécois, l’an dernier. Toutefois, le chef dit vouloir se préparer au retour de celles-ci.

Cette nouvelle «direction des normes professionnelles» s’occupera aussi d’équité dans la sélection des cadres. M. Prud’homme a constaté que le processus de nomination des cadres manquait de transparence, comme le rapport de Me Bouchard le mentionnait. «Il y a la perception qu’il y a une existence de clans et de cliques qui affectent le climat de travail», a-t-il mentionné.

Même s’il ajoute cette direction des «normes professionnelles», M. Prud’homme a décidé de réduire le nombre de cadres, en abolissant notamment les huit postes d’assistant-directeurs. «La structure est trop lourde, ce palier de gestion va être éliminé», a-t-il indiqué.

La garde rapprochée du chef passera également de 11 cadres à 4. Le chef de police a souligné que ces coupes étaient une question d’«efficacité» et non de sous, même si, dans son mandat, il doit effectuer des compressions de près de 20 M$.

Le président de la commission, Alex Norris, s’est dit «encouragé» par les propos du chef intérimaire. «M. Prud’homme a entamé un processus crédible et rigoureux pour remettre le SPVM sur les rails et pour restaurer la confiance du public et des agents du SPVM envers leur service de police», a-t-il affirmé.

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