Archives Métro Guy Turcotte

De façon générale, une personne qui a commis un filicide, le meurtre d’un enfant par un parent, peut être réhabilitée en société. «Oui, des gens arrivent à passer au travers. Certains parviennent à se refaire une vie, beaucoup plus tard», indique le Dr Louis Bérard, médecin psychiatre à l’Institut Philippe-Pinel. Avec son équipe, il travaille auprès des gens qui ont reçu des verdicts de non-responsabilité criminelle après des délits violents dans un contexte de maladie psychiatrique.

Il précise toutefois que la personne n’est pas à l’abri de crises suicidaires. «Particulièrement aux dates dites anniversaires du drame ou lorsqu’il y a de la publicité dans les médias à ce sujet», souligne-t-il.

Une personne qui semble avoir tourné la page peut aussi être dans le déni. «La personne nie sa souffrance et prétend qu’elle n’a pas d’émotion. Tôt ou tard ça revient, précise le Dr Bérard. Il y a toute sorte de construction dans l’esprit pour permettre aux personnes, pour un temps, de survivre à cette horreur.»

L’analyse d’un état mental est donc très complexe, mais chose certaine, le «retour à la normale» demande du temps. Selon Suzanne Léveillée, psychologue et professeure à l’UQTR, la personne qui a commis le geste doit volontairement accepter l’aide d’un psychologue.

«Une personne qui refuse de parler de son geste est quelqu’un qui n’a pas fait le deuil, explique-t-elle. Mais il n’y a pas systématiquement de corrélation entre le deuil avec l’évaluation du risque que représente cette personne pour la société, même si ça peut être un des facteurs à considérer.»

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