Adrian Wyld/La Presse canadienne Thomas Mulcair

ROTHESAY, – Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair, a accusé un groupe de lobbyistes de duper la population en faisant la promotion des gaz de schiste et de la fracturation hydraulique.

M. Mulcair était au Nouveau-Brunswick, dimanche, pour promouvoir la campagne du chef provincial du NPD, Dominic Cardy, en vue de l’élection partielle dans la circonscription de Rothesay, dans la région de Saint-Jean.

Au cours de sa visite, M. Mulcair a déclaré que l’Association canadienne des producteurs de pétrole dupait la population en tentant de convaincre les Canadiens qu’elle régulait l’industrie des gaz de schiste.

«J’ai rencontré la direction de l’Association, qui m’a remis une jolie brochure colorée expliquant que leur politique voulait que toutes les entreprises pratiquant cette méthode révèlent les composantes des fluides de la fracturation. Je leur ai dit que les compagnies ne se soumettaient pas à cette règle, et eux m’ont répondu qu’ils ne pouvaient les forcer, puisqu’elles étaient simplement des membres», a-t-il déploré en entrevue dimanche.

M. Mulcair a poursuivi en soutenant que l’industrie devrait dévoiler publiquement ce que contiennent les fluides servant à la fracturation.

«Si vous pensez que votre méthode pour extraire ce gaz est sécuritaire, alors pourquoi ne dites-vous pas ce qu’il y a dans les fluides», a-t-il questionné. M. Mulcair a affirmé que le silence des entreprises était précisément lié à la présence de substances cancérigènes et d’autres éléments très dangereux dans les fluides.

La fracturation hydraulique permet d’extraire des gaz de schiste en injectant de grandes quantités d’eau et de produits chimiques dans les roches poreuses.

L’industrie soutient que la fracturation est un processus sécuritaire et qu’elle permet de générer d’importants bénéfices économiques, des arguments qui sont toutefois rejetés par les groupes environnementaux.

Le président de l’Association, Dave Collyer, a répondu aux accusations de M. Mulcair en affirmant dans un communiqué que l’organisation s’attendait à ce que tous ses membres adhèrent aux pratiques d’opération adoptées en janvier.

Les directives suggérées ne doivent pas être perçues comme une façon de remplacer la surveillance de la réglementation assurée par le gouvernement provincial, a-t-il ajouté.

Le fait de dévoiler ainsi les types de fluides utilisés pour des fins de fracturation hydraulique a été rendu obligatoire en Colombie-Britannique, tandis que l’Alberta devrait emboîter le pas plus tard cette année. Et le Nouveau-Brunswick a déjà annoncé des mesures en ce sens, indique-t-on également dans le communiqué.

«Les gaz de schiste peuvent être extraits de manière responsable, et ils le sont, à tous les jours et à travers tout le Canada et les États-Unis: plus de 175 000 puits ont été fracturés de façon sécuritaire dans l’Ouest canadien au cours des 60 dernières années», a écrit M. Collyer.

Thomas Muclair a également indiqué qu’il donnait son support au développement d’une pipeline reliant le Canada d’est en ouest qui fournirait de l’énergie et créerait des emplois au Canada atlantique.

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