MONTRÉAL — La négociation de la convention collective des 2800 agents de la paix qui travaillent dans les différents établissements de détention du Québec avance à pas de tortue. Ils manifesteront d’ailleurs mercredi à Québec pour protester contre la lenteur de leur négociation.

La convention collective qui lie le Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec, affilié à la CSN, au gouvernement du Québec est échue depuis un an et demi, soit depuis le 31 mars 2015.

«Nos négociations ne sont pas rompues. On a des dates prévues dans les prochains jours. Mais c’est sûr qu’elles ne vont pas rapidement. Le Conseil du trésor a mis une ancre qui nous empêche d’avancer», a illustré Mathieu Lavoie, président du syndicat, au cours d’une entrevue avec La Presse canadienne, lundi.

Plusieurs points sont en litige, comme la formation du personnel, la précarité des employés à temps partiel et le régime de retraite. En plus, il manque d’effectifs et les agents sont confrontés à une surpopulation carcérale, a-t-il ajouté.

«On a avancé à certains égards, mais il nous reste encore une bonne distance avec nos vis-à-vis sur certains sujets», a résumé M. Lavoie.

Au plan salarial, ces syndiqués devraient normalement obtenir les mêmes offres que celles qui ont été accordées aux autres employés de l’État. «Il y avait quand même certaines modalités au niveau des services publics; faut voir là. Actuellement, on ne nous offre même pas l’ensemble des modalités. Quand on parle de la dernière année, il n’y a même pas d’offre sur la table pour 2019 actuellement», a rapporté M. Lavoie.

Jusqu’ici, ces agents de la paix ont eu recours à des moyens de pression dits «de visibilité», comme le port de brassard et de casquette. «C’est sûr qu’on va en augmentant», a conclu M. Lavoie.

Ils ont également tenu des manifestations dans plusieurs régions du Québec devant les établissements concernés. Ils se réuniront cette fois au cours d’une manifestation «nationale» mercredi, à Québec.

«On n’a pas le droit de grève, pas le droit au ralentissement de travail. On a la même réalité que les policiers et que tous les autres agents de la paix, d’ailleurs. C’est une réalité un peu ridicule à nos yeux. On n’a pas le droit de grève, mais on n’a pas le droit non plus d’avoir un arbitrage exécutoire. À quelque part, si je n’ai pas le droit de grève, il faut que j’aie autre chose, un pouvoir quelconque de réussir à mettre de la pression», a plaidé M. Lavoie.

Ces agents de la paix travaillent dans 18 établissements de détention provinciaux, comme Bordeaux, Rivière-des-Prairies, Leclerc à Laval, de même qu’à Amos, Sept-Îles, Percé et Rimouski, entre autres.

Le ministère de la Sécurité publique n’a pas souhaité commenter cette négociation.

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