La Presse Canadienne Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette.

Lors des neuf premiers mois de mise en application de l’aide médicale à mourir, près de trois fois plus de Québécois y ont  fait appel que ce que prévoyait le ministère de la Santé.

Entre décembre 2015 et août 2016, ce sont 262 personnes qui sont allées au bout du processus, précise le rapport d’activités de la Commission sur les soins de fin de vie déposé jeudi à l’Assemblée nationale par le ministre de la Santé, Gaétan Barrette.

«C’est plus que ce que je pensais, j’avais évoqué qu’il y en aurait une centaine, a analysé M. Barrette. Il y a aussi eu 263 demandes exercées de sédation palliative continue. C’est autant que l’aide médicale à mourir. Ça m’a étonné.»

Jusqu’en juin 2016, 87 personnes ont fait la demande d’aide médicale à mourir, mais n’ont pas suivi le processus jusqu’au bout. «Vingt-quatre personnes qui ont posé la question, entrepris une démarche, mais retiré leur demande», précise le ministre. Vingt-et-une personnes sont décédées avant l’administration.

Le ministre Barrette a indiqué qu’il faudrait réviser certains points de cette mesure. «Manifestement, il y a peut-être quelques ajustements à apporter à notre façon de faire, a-t-il dit. On va entreprendre une réflexion avec le collège des médecins sur la construction du formulaire et la question du deuxième médecin.»

La loi stipule qu’un deuxième médecin «indépendant», donc qui n’a aucun lien personnel ou professionnel avec le patient doit aussi donner son avis pour aller de l’avant avec le processus d’aide médicale à mourir. «Dans les plus petits milieux, il y a un problème pour trouver un deuxième médecin indépendant», illustre-t-il.

Le plus de cas en Montérégie
Des 253 patients qui ont bénéficié des soins de fin de vie entre décembre 2015 et juin 2016, c’est en Montérégie qu’on retrouve le plus de cas, soit 40. La région de la Capitale-Nationale suit avec 37 traitements administrés.

C’est sur l’Île de Montréal qu’il y a eu le plus de demandes durant cette même période, soit 54. Par contre, 26 de ces personnes n’ont pas reçu l’aide médicale à mourir.

«Per capita, on constate que c’est dans la région de Québec que la demande est la plus grande», a souligné le ministre. Selon lui, cela reflète le tissu social du Québec.

«Dépendamment des sous-groupes sociétaux, il y a une vision de la mort qui n’est pas la même, a-t-il expliqué. [Ces chiffres] ça tient la route quand on regarde le tissu social de Montréal, où on a des communautés ethniques qui sont plus nombreuses et plus religieuses que d’autres.»

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