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MONTRÉAL — Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, trouve «déplorables» les critiques concernant les effets des restrictions budgétaires au CHU Sainte-Justine qui ont fait le lien avec l’épuisement du personnel et le fait que la mission même de cet hôpital spécialisé dans les soins aux enfants pourrait être en péril.

Le ministre Barrette inaugurait justement de nouveaux bâtiments au CHU Sainte-Justine, lundi à Montréal, et à cette occasion il a lui-même pris l’initiative de déplorer certains commentaires entendus dans les médias concernant l’effet des restrictions budgétaires dans cet établissement.

Le Conseil des médecins, dentistes et pharmaciens a fait part de ses inquiétudes dans une lettre ouverte, craignant les effets de ces coupes et des changements subis sur la mission particulière de cet hôpital spécialisé dans le soin des enfants. Et Radio-Canada rapportait des témoignages d’infirmières qui disaient craindre les incidents ou les erreurs devant la surcharge de travail.

D’abord, le ministre Barrette a voulu rassurer les patients et leurs familles: «il n’y a pas eu, d’aucune manière, plus d’accidents à Sainte-Justine».

Il a carrément nié que les restrictions budgétaires aient eu des répercussions sur les soins, comme le disaient la chef du département d’obstétrique et un syndicat. «Moi je vous dis qu’actuellement, ce n’est pas le cas. Ce qui est rapporté, c’est inexact dans le sens où ça a été pris hors contexte», a-t-il rétorqué.

Ensuite, le ministre a attribué une partie des critiques au fait que dans le cadre de la transition, la direction de l’hôpital avait elle-même invité le personnel à rapporter toute anicroche, tout pépin. Ce serait donc des syndiqués, selon le ministre, qui se sont servis de ce rapport pour en changer la finalité et déplorer le fait que les autorités investissaient dans la construction plutôt que dans les services et les employés.

Le ministre a donc critiqué «un sous-groupe dans le personnel qui a procédé à cette manoeuvre-là».

Il a affirmé qu’il avait même senti «un peu d’irritation» de la part d’autres membres du personnel quant à cette sortie syndicale.

«Je sais qu’il y a des appréhensions», a-t-il dit au personnel réuni pour l’inauguration, mais cet hôpital spécialisé dans les soins aux enfants «doit garder son âme, son identité». Il a ajouté qu’il serait «irresponsable» de sa part de mettre en place des conditions qui nuisent à son expertise et à sa réputation.

Réaction de la direction

Lundi soir, la direction du CHU Sainte-Justine a réagi par voie de communiqué au reportage de Radio-Canada stipulant que ses infirmières de l’unité des naissances sont épuisées et manquent de ressources pour bien faire leur travail.

«En aucun cas, nos patientes n’ont été mises en danger. Les soins que nous offrons répondent à des standards de haut niveau et sont de qualité supérieure», a fait valoir la direction.

La direction reconnaît toutefois que «beaucoup de pression est exercée sur les équipes actuellement» en raison notamment du déménagement imminent dans les nouveaux bâtiments, ainsi que la réorganisation et la préparation qui en résulte.

Budget et échéancier respectés

C’était lundi l’inauguration des nouveaux bâtiments du Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine, un projet de modernisation qui avait été lancé en 2007 et qui a subi plusieurs modifications au fil des ans.

Ce sont finalement 940 millions $ qui ont été investis dans des constructions, des agrandissements et une modernisation des équipements existants. Le tout a été réalisé «à l’intérieur du budget et dans les délais», a souligné le ministre de la Santé et des Services sociaux.

Au final, les installations auront été agrandies de 65 pour cent; elles ont aujourd’hui 200 000 mètres carrés.

«Le CHU mère-enfant de Sainte-Justine est le plus grand centre mère-enfant du Canada, le deuxième en Amérique du Nord — le premier est au Texas», a pris soin de souligner le ministre Barrette.

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