QUÉBEC — Le leader parlementaire du gouvernement Jean-Marc Fournier a traité le chef caquiste François Legault de «Trump», jeudi, dans un échange senti à l’Assemblée nationale.

M. Fournier a lancé cette invective durant la période des questions, alors que le premier ministre Philippe Couillard répondait à une question du chef caquiste sur le financement du Parti libéral du Québec.

La caméra était braquée sur le premier ministre, mais le micro de M. Couillard a capté les propos de M. Fournier, assis à ses côtés, qui les a ensuite confirmés en sortant du Salon bleu, dans un échange avec la presse parlementaire.

«Il a des façons de faire de M. Trump qui semblent l’inspirer», a-t-il dit.

M. Fournier a accusé le chef caquiste de promouvoir un discours négatif comparable à celui de Donald Trump, élu président des États-Unis mardi.

«Ceux qui parlent du catastrophisme et de la culture qui nous amène toujours à trouver qu’il n’y a rien de bon, comme le fait M. Legault, qui semble s’inspirer de M. Trump, nous amènent dans un cynisme qui est sans fin», a-t-il dit.

Le leader parlementaire n’a pas été le seul à comparer la Coalition avenir Québec (CAQ) de M. Legault à M. Trump, jeudi.

Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, a également accusé les caquistes de cultiver, comme le président désigné des États-Unis, le cynisme de la population envers les institutions.

M. Coiteux a lancé cette réplique alors que le député de la CAQ Benoit Charette réclamait que la nomination du prochain directeur général de la Sûreté du Québec soit soumise à l’approbation d’au moins deux tiers des élus de l’Assemblée nationale.

«Nous, on n’est pas dans cultiver le cynisme de la population parce que semble-t-il que la deuxième opposition dit: ‘ça a marché aux États-Unis avec Trump. Peut-être que ça pourrait marcher avec nous autres’. À chaque mois, ils changent de tactique», a lancé le ministre.

Mercredi, M. Legault a analysé la victoire de M. Trump comme le rejet d’une élite à laquelle il a associé M. Couillard et le chef péquiste Jean-François Lisée.

M. Lisée a évoqué M. Trump de façon indirecte, jeudi, en réaction aux propos de M. Legault qui l’accusait d’être insensible aux préoccupations de la population.

«Et si Trump, c’est François Legault?», a-t-il dit en accusant son adversaire de tenir des propos excessifs sur divers sujets.

M. Lisée s’est amusé que «le millionnaire François Legault fasse campagne contre les élites alors qu’il est contre le salaire minimum à 15 $, alors qu’il méprise» les Centres de la petite enfance.

L’été dernier, M. Couillard avait établi une parenté entre MM. Trump et Legault sur les questions d’immigration.

Jeudi, M. Fournier a également critiqué les prises de positions de M. Legault et sa vision du nationalisme québécois dans la fédération canadienne.

«Quand on lui demande s’il est Canadien, il dit ‘non’. Quand on lui demande s’il est fédéraliste, ‘non, je suis un nationaliste de rançon, je veux mettre le couteau sur la gorge, je veux aller chercher quelque chose mais rien pour les autres’», a-t-il dit.

Dans un point de presse précédant la période des questions, M. Legault a déclaré que les avantages économiques du fédéralisme canadien sont d’abord économiques.

M. Legault, qui rejette l’étiquette de fédéraliste, a déclaré qu’il présentera d’ailleurs en fin de semaine un projet d’alliances avec les provinces sur le front économique.

Le chef caquiste, qui sera au congrès de son parti en fin de semaine, n’en a pas dit davantage.

«Il y a des avantages à travailler ensemble en économie», a-t-il dit aux journalistes.

Questionné sur d’autres avantages du fédéralisme, M. Legault n’en a énoncé qu’un seul, soit les ententes entre francophones à travers le Canada, pour «les ressources» qui sont mises en commun.

Les militants caquistes se réuniront en fin de semaine pour débattre notamment de l’adoption dans le programme du parti d’un article proclamant que la formation est «nationaliste moderne».

Ce rassemblement militant, à Drummondville, se déroulera en même temps qu’un conseil général des libéraux, à Laval.

Jeudi, M. Legault a affirmé que la position de son parti va plus loin que celle de l’ancien premier ministre Robert Bourassa.

«M. Bourassa était effectivement fédéraliste-nationaliste, a-t-il dit. Je pense qu’on va un peu plus loin que M. Bourassa. On voudrait que tous les immigrants soient choisis par le gouvernement du Québec, on voudrait que le Québec ait tous les pouvoirs en matière de langue, en matière de communications.»

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