Sean Kilpatrick Sean Kilpatrick / La Presse Canadienne

OTTAWA — Une communauté algonquine de l’Ontario revendique des droits ancestraux de propriété sur une bonne partie du centre-ville d’Ottawa, dont la Colline du parlement.

La revendication territoriale a été déposée mercredi en Cour supérieure de l’Ontario. La communauté de la première nation algonquine Anishinabe soutient qu’elle n’a jamais cédé le contrôle sur ce «territoire ancestral» de Kichi Sibi.

Les Algonquins veulent que le tribunal reconnaisse leurs droits de propriété sur ce territoire et que le gouvernement fédéral négocie «de bonne foi» afin de conclure une entente sur ces titres. La requête vise également le gouvernement de l’Ontario et la Commission de la capitale nationale, responsable des terrains fédéraux et des lieux publics à Ottawa.

La revendication touche des îles dans la rivière des Outaouais, mais aussi une longue bande de terrains sur la rive sud, qui englobe notamment les édifices du parlement, de la Cour suprême, de la Bibliothèque nationale et du Musée canadien de la guerre.

Cette bande s’étend au sud-ouest jusqu’aux plaines LeBreton, des terrains appartenant au gouvernement fédéral et très convoités actuellement par les promoteurs immobiliers, qui pourraient notamment y construire un nouvel amphithéâtre pour les Sénateurs d’Ottawa.

Dans leur requête, les Algonquins soutiennent qu’ils ont conclu par le passé des ententes avec d’autres Premières Nations et avec des pays européens, mais que ces ententes ne prévoyaient jamais une cession de propriété. Or, le Canada a depuis utilisé et même vendu ces terres sans en avoir le droit, soutient-on.

Les Algonquins d’Anishinabe plaident qu’ils n’ont jamais reçu d’indemnités du gouvernement canadien ou de la Commission de la capitale nationale, et ils réclament que le plein contrôle sur ces terres ancestrales leur soit restitué.

«Le Canada a le devoir fiduciaire de négocier de bonne foi avec la nation algonquine Anishinabe (…) relativement aux titres de propriété autochtone», lit-on dans la requête.

Ottawa n’est pas la première ville canadienne à être visée par une requête de ce type. En 2015, la Cour d’appel fédérale a conclu que le gouvernement canadien n’avait pas adéquatement consulté les communautés autochtones lorsqu’il a décidé de vendre d’anciens baraquements militaires à Winnipeg. Les bâtiments avaient été construits sur des terrains revendiqués par quatre communautés des Premières Nations.

À Vancouver, la communauté de la première nation Tsawwassen a conclu en 2007 le premier «traité urbain» de Colombie-Britannique. En plus d’indemnités, l’entente accorde à la communauté autochtone la propriété sur un territoire de 724 hectares, de même que les droits de pêche et d’exploitation de ressources.

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