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La légalisation du cannabis récréatif devrait se concrétiser en 2018. En attendant, plusieurs avancent leurs pions pour tenter de faire pencher le gouvernement de leur bord. Voici deux luttes à suivre.

SAQ ou dépanneurs?
Selon l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS), le gouvernement devrait distribuer le cannabis récréatif par la Société des alcools (SAQ), plutôt par le réseau privé des dépanneurs.

D’après les calculs de l’IRIS, qui seront présentés mercredi, en optant pour la SAQ, Québec obtiendrait des redevances cumulées de 8,8G$ sur 10 ans, soit 61% de plus qu’au privé, où les revenus proviendraient d’une taxe, comme pour le tabac.

Pour la santé publique, les points de vente de la SAQ ont un double avantage, note Bertrand Schepper, coauteur de l’étude: «Ils sont bien répartis sur le territoire sans être excessivement nombreux, et leurs heures d’ouverture sont plus restreintes.»

L’IRIS note que les dépanneurs seraient plus perméables aux pressions des milieux criminalisés que la SAQ. En outre, les dépanneurs respecteraient moins les règles de vente aux mineurs. En 2010, 18% des commerces soumis à une vérification avaient vendu du tabac à des personnes mineures, souligne l’IRIS en se basant sur des données gouvernementales.

Jasmin Guénette de l’Institut économique de Montréal craint qu’en instaurant un monopole d’État, le gouvernement étouffe l’esprit entrepreneurial et soit tenté de vouloir contrôler l’offre. «Plus on va taxer, plus les prix seront élevés et plus les gens se tourneront vers le marché noir», dit-il.

Le groupe de travail mandaté par le gouvernement Trudeau recommande d’éviter la vente de cannabis et d’alcool dans un même lieu.

Pot maison contre Big Cannabis
En permettant la production artisanale de cannabis et en autorisant chaque ménage à faire pousser 4 plants de marijuana, le gouvernement dévoilé mardi évite de créer un marché de gros producteurs, le Big Cannabis, comme le craignaient certains.

«La mise en place d’un Big Cannabis, c’est un mythe», affirme Adam Greenblatt, porte-parole québécois de Tweed, le plus gros producteur de cannabis thérapeutique du Canada. «Plusieurs des 35 producteurs autorisés actuellement par le gouvernement produisent à une échelle artisanale», ajoute-t-il.

Du côté du Bloc Pot, le chef du parti Hugô St-Onge se félicite de la qualité du rapport. «On y trouve des choses sur lesquelles on milite depuis 18 ans. Cela dit, ce ne sont que des recommandations, il y a encore bien des étapes parlementaires à surmonter», souligne-t-il.

M. St-Onge déplore l’instauration d’une limite de quatre plants et craint l’abolition du système de producteurs désignés pour les malades ne pouvant faire pousser leur cannabis médical eux-mêmes.

Selon lui, le gouvernement Couillard devrait maintenant lancer une commission parlementaire pour encadrer la légalisation du cannabis en tendant la main aux producteurs artisanaux actuels qui veulent légaliser leur situation, un peu comme cela s’est fait à la fin de la prohibition de l’alcool dans les années 1920.

De son côté, le porte-parole de Tweed indique comprendre les restrictions recommandées en matière d’emballage et de communication, même si l’entreprise ne partage pas le même degré d’inquiétude. L’entreprise s’attend à ce que le projet de loi soit déposé le 20 avril 2017. «Comme l’entrée en vigueur dépendra peut-être de la mise en place de réseaux de distribution aux niveaux provincial et municipal, on n’est plus certain que la légalisation sera effective dès janvier 2018», conclut M. Greenblatt.

 

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